







Voyage dans l'Antiquité
Le bruit de nos pas se heurte aux immenses rochers. Long de deux kilomètres, le sentier est parfois si étroit qu’il nous faut nous agripper à la paroi. Soudain, les rochers s’écartent, nous laissant bouche bée devant le trésor des Nabatéens.
A notre arrivée en Jordanie, j’oublie de mettre ma montre à l’heure d’hiver. De grand matin, à 7 heures, nous sommes donc déjà postés devant le guichet de Pétra. Nous sommes aussi, bien malgré nous, les premiers visiteurs. Je me rappelle le sentiment indescriptible qui nous envahit lorsque nous pénétrons seuls dans le Sîq, ce long défilé étriqué qui a su préserver Pétra des regards indiscrets pendant plusieurs siècles.
Nous nous asseyons sur un rocher, à l’affût des premiers rayons du soleil qui viendront illuminer la façade. Centimètre après centimètre, ils glissent le long des colonnes corinthiennes. La démarche chaloupée, deux chameaux investissent la place. Ils se laissent tomber silencieusement sur le sable en attendant l’arrivée des premiers touristes. Nous restons assis pendant une heure, en silence, subjugués par la beauté des lieux.
Retour en arrière, du temps où, après s’être faufilées le long du Sîq, des caravanes hautes en couleur, transportant soie, myrrhe et épices orientales, faisaient halte sur cette grande place pour exposer leurs trésors, avant de reprendre la route du nord, en direction de Damas ou d’Athènes.
Splendeur
Capitale des Nabatéens, un peuple dont on ne sait pas grand-chose, la riche Pétra constituait un important carrefour commercial entre l’Orient et l’Occident. Par la suite, après que les Romains eurent modifié le tracé des routes commerciales pour les faire passer par Palmyre en Syrie, Pétra connut une période de déclin. La série de tremblements de terre qui secoua la ville au 4e siècle finit par la faire totalement tomber dans l’oubli. Il faudra attendre 1812 pour qu’un explorateur suisse aventureux "redécouvre" Pétra.
Et bien que ses ruines soient tout aussi impressionnantes que les temples d’Athènes, de Rome ou de Louxor, la cité cachée resta encore pendant un siècle et demi ce qu’elle avait toujours été: une contrée secrète. Aujourd’hui, Pétra compte parmi les plus beaux sites au monde. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle fait partie des sept nouvelles merveilles du monde, au même titre que cette autre ville mystérieuse qu’est le Machu Picchu. Pétra invite à la flânerie.
Perdez-vous pendant deux jours parmi les 800 temples, sépultures et autres monuments. Les cars de touristes n’arrivent qu’aux environs de 10 heures et repartent vers les hôtels d’Aqaba en début d’aprèsmidi. Pétra replonge alors dans son atmosphère mystérieuse et envoûtante. Musardez simplement au gré des colonnes de la rue principale et faites un saut au théâtre romain. Les plus courageux graviront les 800 marches qui mènent au monastère, en haut de la montagne.
Mieux encore: laissez-vous tenter par la proposition de ce jeune homme: une balade à dos d’âne, à la découverte du temple de Siq al Barid, également surnommé la petite Pétra, et dressé quelques kilomètres plus haut. Alors que nous atteignons la moitié du sentier qui serpente le long d’une profonde crevasse, le gamin nous annonce l’air de rien que, pour le prix convenu, la balade s’arrête ici.
La suite de l’ascension nous coûtera une poignée de dollars. Bah! Pourquoi pas? Le jeu en vaut la chandelle. Qui plus est, à pied, l’escalade risque d’être périlleuse. Arrivés au temple, nous allons chercher un peu de fraîcheur auprès de Youssef. Installé dans une grotte rose flamboyant, il expose des tapis colorés et tissés à la main tout en servant un thé ultra-sucré. Aujourd’hui, la petite Pétra est pratiquement déserte.
Une mystérieuse ville nichée au fin fond d’un canyon, un désert rouge rosé, d’imposantes forteresses de croisés qui se fondent dans le paysage, des nomades à dos de chameaux. Le tout à un jet de pierre des hôtels confortables et très en vue de la mer Rouge. Découvrez ces trésors enfouis, grâce aux vols directs au départ de Bruxelles, à destination de la station balnéaire d’Aqaba.











