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Un soir en ballon

Découvrir la Belgique depuis les nuages, ce n’est pas réservé aux grands photographes. Vous aussi, vous pouvez prendre un peu de hauteur pour voir votre région sous un autre angle... en montgolfière.

Météo vérifiée, rendez-vous est finalement pris au château du Gravenhof à Dworp, en Brabant flamand, pour 19 h 15. La chance est avec nous, cette journée d’août est merveilleusement ensoleillée et le vent est léger. Tout démarre très vite: en quelques minutes, le ballon se gonfle d’air chaud puis se dresse comme un "i" sur la pelouse du parc.



S’il y a plus de deux siècles, les premières enveloppes étaient en peaux d’animaux, aujourd’hui, elles sont constituées de fuseaux en nylon coloré et traité avec un vernis de polyuréthane pour le protéger des rayons ultraviolets et, surtout, améliorer la résistance thermique. En effet, au-delà de 120°, le nylon… fond.



C’est l’instant crucial, le moment où chaque passager doit presque sauter dans la nacelle d’osier, difficilement retenue au sol par des assistants, avant que la grosse baudruche ne l’entraîne d’un coup vers le ciel. La nacelle est assez grande et peut accueillir confortablement une dizaine de passagers.

Destination inconnue

Une poignée de secondes plus tard, jouets des caprices du vent, nous survolons déjà le domaine de Dworp vers une destination… inconnue! En effet, établir un itinéraire prédéfini est impossible, la montgolfière ne vole pas comme le fait par exemple un avion, elle flotte dans l’air et n’est pas équipée d’un moteur.



Le pilote ne peut que contrôler les mouvements verticaux: l’ascension et la descente. On ne sait donc jamais ce que l’on va survoler, même si par temps calme, le pilote peut évaluer à la grosse louche le trajet que suivra le ballon. Ce soir-là, les éléments nous emmènent en direction des faubourgs de Bruxelles, puis au-dessus du Brabant wallon et vers l’est du Hainaut.

Flotter dans l’ouate

Aujourd’hui, nous pouvons grimper jusqu’à 450 mètres, annonce Benoît Siméons, notre aérostier. Pas plus haut, en raison des couloirs aériens utilisés par les avions. C’est déjà pas mal et franchement impressionnant: d’un côté, la vue embrasse toute la capitale (qu’il est interdit de survoler… en montgolfière!) d’un seul coup, de l’autre, les campagnes brabançonnes.



Le panorama s’agrandit et l’horizon s’élargit en même temps que les constructions et les éléments du paysage rétrécissent. On a l’impression de pouvoir les prendre dans le creux de la main. Etonnamment, il ne fait pas plus froid en altitude. On note à peine une petite brise légère qui caresse le visage. Benoît nous explique qu’en dessous de 700 – 800 mètres, les températures restent assez similaires par rapport à celles du sol.



Hormis les moments de chauffe du brûleur, un vol en montgolfière se révèle furieusement calme. On capte parfois quelques bruits diffus venus du sol lorsqu’on s’en approche mais quand l’engin prend de l’altitude, c’est un silence d’ouate qui enveloppe l’équipage. Magique!


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