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New York

Symbole de liberté et du rêve américain, New York a toujours attiré des millions de migrants venus de tous les continents. La porte d’entrée historique des Etats-Unis abrite ainsi les cultures du monde entier. Plongée dans un New York insoupçonné.

Dans la ville qui ne dort jamais, peu de choses étonnent: des trépidants néons de Times Square au doux calme de Battery Park, du classicisme de Wall Street à l’extravagance délirante des clubs de l’East Village. Mais la cité de Miss Liberté recèle encore des trésors insoupçonnés. 

Au coeur de New York, quelques lieux souvent hors des circuits touristiques offrent une plongée dans des univers totalement décalés… Lovés dans un petit périmètre, délimité dans les fameuses rues en damier, des migrants ont recréé de petits bouts de leur pays lointain. Un monde parallèle pour faire le tour de la planète en quelques stations de métro.

Little Odessa

La première escale, c’est Brooklyn, le district ou borough au sud-est de New York. Au bout des lignes de métro B ou Q s’étend une immense plage marquée par une frontière invisible. A l’ouest, s’épanouit le melting pot américain avec une forte composante latine, entre cahutes de hot-dogs et groupe de mariachis. 

A l’est, plus de vendeurs ambulants, plus aucun snack disponible, les restaurants de bord de mer affichent des écritures cyrilliques et des spécialités venues du froid. Brighton Beach est territoire russe, depuis une trentaine d’année. Depuis que des milliers de Juifs ont fui l’oppression soviétique dans les années 1970 pour repeupler le quartier alors à l’agonie. 

La colonie a ensuite attiré d’autres russes, juifs ou pas, et la migration n’a jamais cessé. Aujourd’hui, Brighton Beach avenue, l’artère principale de “Little Odessa”, n’a plus rien d’américain. Caviar, poissons fumés, poupées russes, chaussures dites “européennes” type bottes à talons aiguilles… Rien ne manque pour continuer à vivre comme au pays. 

Y compris, et surtout, des fleurs. Ce qui fait dire aux quelques résidents d’origine américaine que les hommes russes doivent être “romantiques”. Les Russes s’expriment et se montrent beaucoup avec les fleurs”, explique Larisa, fleuriste arrivée de Saint Petersbourg il y a 15 ans. 

Dans sa petite boutique, sur Brighton Beach avenue, ce sont les roses qui ont les faveurs des clients. “Elles étaient très chères en Russie, il était difficile de s’en procurer” assure la brune trentenaire. Plus à l’ouest, après le Millennium Theater qui ne passe quasiment que des pièces ou ballets à destination d’un public russe, se dresse l’institution du quartier, M&I International. 

L’immense épicerie de produits 100 % russes est tenue par deux soeurs aussi énergiques que généreuses. Alors que Sofia prête main forte aux vendeurs de son rayon charcuterie avec de gros rouleaux de pastrami en vedette, Fira prend une pause à la cafétéria surélevée. La vieille dame raconte: “Nous sommes arrivés en 1976… une famille de 17 personnes! 

En Russie, les temps étaient durs, nous voulions offrir une vie meilleure à nos enfants. Nous avons débuté avec un petit magasin, en travaillant sept jours sur sept. Et aujourd’hui, les clients viennent de loin pour acheter nos harengs fumés, notre caviar, nos poulets ou choux farcis, nos skazkas (gâteaux à base de génoise, de noix et de crème)…”

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