Plus de sécurité aux carrefours
Prenez pour commencer la situation d’un automobiliste arrivant à un carrefour et désireux de tourner à gauche. Cet automobiliste devra tenir compte du trafic venant de derrière et devra également céder la priorité aux usagers venant de droite. Il devra en outre laisser passer les usagers venant en sens inverse et être attentif aux piétons traversant la chaussée qu’il souhaite emprunter. Lorsque, à un moment donné, il estime que la voie est libre et qu’il entame sa manoeuvre, il pourrait encore être surpris par un cycliste surgissant dans le carrefour depuis la piste cyclable, entre les voitures parquées et le trottoir. Des accidents potentiels peuvent être évités en clarifiant l’aménagement du carrefour et en facilitant de la sorte la tâche de l’automobiliste.
Quelles sont donc les méthodes disponibles pour renforcer la sécurité de la circulation au niveau des carrefours? C’est une question que nous avons posée à Jean- Pierre Van de Winckel, spécialiste de la signalisation routière à la division Sécurité et gestion de la route du Centre de recherches routières. J.-P. Van de Winckel: “Aux carrefours dépourvus de feux de signalisation, les usagers de la route empruntent le carrefour en même temps, dans toutes les directions, et peuvent se diriger dans n’importe quel sens.
Seules les règles de priorité font la distinction entre les usagers pouvant passer et ceux qui doivent céder le passage. L’application de ces principes ne pose aucun problème aux carrefours simples, dont la densité de circulation est faible, ce qui n’est cependant plus le cas au niveau de carrefours plus complexes, à densité supérieure. Les pouvoirs publics peuvent intervenir à ce stade afin de réduire le nombre de points névralgiques potentiels par le biais de la séparation des différents flux de trafic.
Les feux de signalisation tricolores classiques à deux phases constituent une première étape dans le processus de sécurisation des carrefours. Ces dispositifs permettent dès lors la présence – distincte – de deux flux de circulation dans le carrefour. Les probabilités de conflits – en d’autres termes, de collisions – en sont dès lors déjà considérablement réduites. Un niveau supérieur est atteint grâce aux feux de signalisation sans conflits.
Il peut s’agir de feux de signalisation classiques, complétés par des feux en forme de flèche prévoyant une phase distincte pour les usagers tournant à gauche. La mise en oeuvre de ce système permet d’exclure presque totalement le risque de collisions frontales avec les véhicules venant en sens inverse. Afin d’éviter le risque de collisions entre, d’une part, les véhicules tournant à droite et, d’autre part, les piétons et les cyclistes qui vont tout droit, il serait également possible d’autoriser éventuellement le virage à droite dans une phase distincte ou de prévoir une phase distincte dans laquelle tous les sens de circulation seraient au rouge et où seulsles cyclistes et les piétons pourraient traverser le carrefour dans toutes les directions.
Le gros inconvénient des carrefours intelligents est leur incidence sur la fluidité. Des études ont en effet démontré qu’aux carrefours équipés de “feux de signalisation sans conflts” (à 4 phases), les temps d’attente sont systématiquement supérieurs à ceux observés dans les ronds-points. Dans la plupart des cas, ces derniers présentent en outre une capacité de circulation accrue; ils garantissent une meilleure fluidité du trafic tout en assurant, dans le même temps, une réduction du nombre de points de conflit.
Il n’est cependant pas toujours possible d’opter systématiquement pour les ronds-points en lieu et place des carrefours intelligents. Les premiers cités nécessitent en effet davantage de place, ce qui est parfois une denrée rare. De même, les rondspoints ne suppriment pas le problème lié à la protection des cyclistes et des piétons.”
















