Baromètre des files 2017: la saturation du réseau routier accroît la densité du trafic dans le temps et l’espace.

Vendredi, 5 Janvier, 2018

Bruxelles, le 30 décembre 2017. Le baromètre des files de Touring Mobilis montre que le nombre d’heures d’embouteillages sur le réseau routier belge a continué à augmenter en 2017. 

 

L’augmentation par rapport à l’an dernier n’est cependant pas aussi forte que celle de 2016 au regard de l’année précédente. Il y a donc saturation de notre réseau routier et, de ce fait, l’intensité du trafic augmente aussi sur les routes secondaires et pendant les heures creuses de la journée. En automne, le trafic a été fortement perturbé par des périodes de précipitations hivernales, donnant lieu à plusieurs chiffres records.


Le tableau ci-dessous reprend les 15 pires moments d’embouteillages de 2017 en Belgique. Le nombre record de files sur les autoroutes belges date du 11 décembre 2017, avec un total cumulé de 1.294 km à 11h05, en raison des fortes chutes de neige en Flandre et à Bruxelles.

 

Ce jour-là, les pics d’heure de pointe du matin et du soir se sont également classés dans le top 15, de même que le pic de la veille, 10 décembre 2017. Il est frappant de constater que 9 des 15 pics ont eu lieu en automne. Les retards causés par les files augmentent donc nettement quand les jours raccourcissent et que le temps est plus froid et plus humide.  

 

    

L'impact direct de ces files sur la circulation en Belgique pourrait être attribué à deux facteurs: notre réseau routier étant très saturé, une soudaine averse de neige peut très vite avoir un impact sur beaucoup de routes et de conducteurs. Il y a aussi une forte proportion de poids-lourds sur le réseau belge et ceux-ci sont rapidement en difficulté dans ces conditions météorologiques.


Touring Mobilis a également comparé le nombre total de kilomètres de files sur les autoroutes belges pendant toute l’année, de 2012 à 2017. Le tableau ci-dessous reprend le nombre d’heures où la longueur cumulée des embouteillages en Belgique a dépassé un certain seuil pendant toute la journée. 

 

 

 

Comme les années précédentes, on constate en 2017 une augmentation du nombre d’heures d’embouteillages, à la fois pour les files structurelles (entre 100 et 250 km) et les embouteillages liés à des incidents. L’augmentation du nombre d’heures d’embouteillages est la plus forte pour ces longues files (≥ 300 km), en raison des jours où les conditions hivernales ont perduré. 


Le tableau ci-dessous reprend le nombre d’heures d’embouteillages pendant les heures creuses de la journée, entre 10h00 et 15h00. Nous avions constaté une nette augmentation en 2016 par rapport à 2015, elle se poursuit en 2017, mais dans une mesure moindre. Nous voyons surtout une augmentation du nombre d’heures où il y avait plus de 250 km de files. C’est dû également aux précipitations hivernales de l’automne 2017. 


Étant donné la saturation du réseau routier pendant les heures de pointe, les automobilistes prennent plus souvent la route en dehors des heures de pointe. Outre l’augmentation du fret routier lourd et léger, c’est une cause importante de l’augmentation de l’intensité du trafic pendant la journée.

 

 

Pour donner une idée plus claire, nous avons examiné de près 5 trajets à titre d’exemple: la E17 de Waregem à Zwijnaarde, la E313 de Herentals à Borgerhout, la E313 de Ham à Lummen, la E403 de Lichtervelde à Bruges, la N16 de Sint-Niklaas à Willebroek et le ring intérieur de Bruxelles, de Grand Bigard à Woluwe Saint-Étienne.


L’augmentation des temps de parcours est frappante, surtout sur la N16 entre Sint-Niklaas et Willebroek. En 2017, nous constatons une augmentation moyenne des temps de parcours de 10 % par rapport à 2016, et elle est plus marquée pendant la journée, entre 10h00 et 15h00 d’une part, et à l’heure de pointe du matin d’autre part. En raison de la saturation des autoroutes, les automobilistes empruntent plus souvent les routes secondaires, notamment les nationales. Le trafic y augmente donc aussi, de même que les temps de parcours. 


L’augmentation des temps de parcours pendant la journée se voit aussi sur le ring de Bruxelles (R0) et la E313 entre Herentals et Borgerhout. Nous observons également sur ces trajets une augmentation des temps de parcours aux heures de pointe. La E17 entre Waregem et Zwijnaarde a aussi connu une augmentation des temps de parcours, ce qui confirme la thèse que Gand est un nœud autoroutier de plus en plus fréquenté, en raison de l’augmentation du trafic des navetteurs en direction de Gand. Les deux trajets au Limbourg et en Flandre Occidentale présentent une légère augmentation des temps de parcours, surtout aux heures de pointe. L’intensité du trafic augmente donc ici aussi, mais pas dans la même mesure que sur les routes vers et autour de Gand, Anvers et Bruxelles.


Dans l’ensemble, nous pouvons conclure que la pluie et la neige ont un impact considérable sur la formation de files sur notre réseau routier, mais nous constatons que les temps de parcours continuent à augmenter les autres jours aussi. Nous observons en outre une augmentation du nombre de kilomètres de files pendant les heures creuses de la journée. En raison de la saturation des routes aux heures de pointe et de la pratique des horaires flexibles, les automobilistes prennent plus souvent la route pendant la journée aussi, ce qui allonge l’heure de pointe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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