Première randonnée en montagne: comment bien se préparer

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Randonnée en montagne,deux randonneurs marchant de dos.
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Randonnée en montagne,deux randonneurs marchant de dos.

Première randonnée en montagne: comment bien se préparer

​Partir en randonnée en montagne ne s’improvise pas et nécessite une certaine préparation. En effet, il faut tenir compte des centaines de mètres de dénivelé, d’une descente abrupte et d’une météo souvent très changeante. Nous nous sommes rendus dans le Sud-Tyrol, au nord de l’Italie, et avons demandé à des guides locaux comment préparer au mieux des premières vacances à la montagne. Du choix de l’itinéraire et du matériel à la nuit en refuge et à une première via ferrata, voici 10 conseils pratiques.


1. Du siège d’avion au sentier de randonnée

​Situé tout au nord de l’Italie, le Sud-Tyrol se distingue par ses hauts sommets, ses alpages verdoyants, ses vignobles, ses vergers de pommiers et ses villages à l’ambiance méditerranéenne. L’allemand et l’italien s’y mélangent agréablement. Cela se traduit notamment dans les noms des villes: Bolzano et Bozen ou encore Merano et Meran.

Bolzano/Bozen est une porte d’entrée pratique pour partir à la découverte de la région. La compagnie SkyAlps assure la liaison directe entre Anvers et Bolzano en environ 1 heure et 40 minutes. Pas de trajet en voiture interminable et pas de marathon dans les embouteillages: en un rien de temps, vous vous retrouvez aux portes des montagnes.

Un avion de SkyAlps qui survole les sommets.


Depuis Bolzano, vous pouvez poursuivre votre voyage en train, en bus, en navette ou en voiture de location. De nombreux hébergements proposent en outre le Südtirol Guest Pass, qui vous permet d’utiliser gratuitement les transports publics régionaux.

Choisissez de préférence une vallée ou une région de vacances comme point de départ. Vous pourrez ainsi rejoindre différents itinéraires de randonnée sans devoir refaire vos valises tous les jours.


2.​ Laissez vos tongs au bord de la piscine

Stefanie, guide de randonnée en montagne, nous raconte qu’elle a vu, peu avant notre arrivée, quelqu’un se lancer dans une randonnée en montagne en tongs. C’est un exemple extrême, mais sachez que même des baskets ordinaires vont manquer d’adhérence sur l’herbe mouillée, les pierres instables et les rochers.

Des chaussures de randonnée dotées d’une semelle adaptée au parcours rendront votre journée en montagne bien plus confortable. Pour les sentiers larges et faciles, des chaussures de randonnée basses peuvent suffire. Sur un terrain accidenté ou rocheux, un modèle plus haut et plus robuste offrira davantage de protection et de stabilité.


3. Oubliez les kilomètres, concentrez-vous sur le dénivelé

​Pour ceux qui marchent régulièrement dix ou quinze kilomètres près de chez eux, parcourir cette même distance en montagne peut leur paraitre tout à fait faisable. Sauf qu’en montagne, il faut plutôt se concentrer sur le dénivelé que sur la distance.

En effet, c’est le dénivelé, associé au type de terrain, à la durée de la randonnée et au niveau de difficulté, qui détermine la difficulté d’un parcours. Un sentier peut commencer tranquillement sur un large chemin de gravier, puis se transformer en un sentier escarpé et sinueux entre les rochers et les racines d’arbres.

Sans compter qu’il faudra encore redescendre. La descente demande également du temps et de la concentration et peut être au moins aussi éprouvante pour vos genoux et vos cuisses que la montée.

C’est pourquoi il faut toujours tenir compte de quatre éléments essentiels: la distance, le dénivelé, la durée de la randonnée et le niveau de difficulté. C’est le meilleur moyen pour déterminer à l’avance si un itinéraire vous convient en fonction de votre condition physique et de votre expérience.

Pour une première randonnée, il est souvent préférable de choisir un itinéraire que vous pouvez raccourcir en cours de route. La présence d’un refuge, d’un village ou d’un téléphérique le long du parcours vous offre aussi une certaine marge de manœuvre si la randonnée s’avère plus difficile que prévu.


4. Utilisez les téléphériques à bon escient

​Un téléphérique vous permet d’éviter une partie de l’ascension. Ce n’est pas de la triche, mais une excellente façon de répartir autrement votre temps et votre énergie. Ainsi, vous vous préservez pour une belle randonnée en altitude et la descente qui suit.

Dans la région du Hirzer, le téléphérique vous emmène de Saltaus jusqu’à près de 2 000 mètres d’altitude. Une fois en haut, vous avez le choix parmi plusieurs randonnées avec vue panoramique à travers les alpages. C’est l’idéal pour découvrir la randonnée en altitude sans avoir à gravir la montagne pendant des heures.

Téléphérique avec une cabine rouge.
© Office de tourisme de Schenna - Helmuth Rier


Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez au préalable quels itinéraires partent de la station supérieure et quel est leur niveau de difficulté. Vérifiez également l’heure de départ du dernier téléphérique vers la vallée et prévoyez une marge suffisante. Prenez tout de même le temps de déjeuner en admirant le magnifique panorama mais veillez à ne pas rater le départ de la dernière cabine.


5. Orientez-vous intelligemment: carte, application et... plan B

Les sentiers de randonnée du Sud-Tyrol sont généralement bien balisés avec des numéros d’itinéraire et des panneaux indicateurs. Cependant, ne vous contentez pas de « suivre les panneaux ». Il suffit de rater une bifurcation, d’être soudainement plongé dans un banc de brouillard ou de se retrouver devant un sentier fermé pour perdre son sens de l’orientation.

Une carte topographique ou une carte d’état-major est bien plus détaillée qu’une simple carte routière. Elle reprend de manière précise les sentiers, les dénivelés, les pentes et les points de repère. Bon à savoir: plus les courbes de niveau sont rapprochées, plus la pente est raide.

Une application dédiée aux randonnées comme Outdooractive s’avère également très utile. Vous pouvez visualiser votre randonnée au préalable et télécharger la carte pour une utilisation hors ligne, car en altitude, la couverture réseau n’est pas garantie partout. Vous aurez ainsi la certitude de pouvoir consulter votre itinéraire à tout moment, même si votre téléphone devait subitement vous lâcher.

En cas d’urgence, vous pouvez faire appel à SOS EU Alp. L’application peut transmettre votre position aux services de secours, à condition évidemment que vous ayez une connexion. Installez l’application chez vous avant de partir. N’attendez pas d’avoir besoin d’aide, déjà bien engagé en montagne, pour le faire. Autre conseil judicieux: pensez à informer quelqu’un de l’itinéraire que vous empruntez et de l’heure approximative à laquelle vous prévoyez de rentrer.


6. Vérifiez les prévisions météo

​Au pied du téléphérique du Hirzer, il fait encore agréablement chaud. Mais arrivés en haut, à près de 2.000 mètres d’altitude, nous ne tardons pas à sortir un pull chaud de notre sac à dos. Une matinée ensoleillée dans la vallée ne laisse pas présager ce qui vous attend en altitude.

“Beaucoup de randonneurs se font avoir par cette différence de température”, explique Stefanie. “Pensez à emporter un vêtement chaud et un imperméable. En montagne, le temps peut très vite changer.”

Ne vous fiez donc pas uniquement au soleil affiché sur votre application météo habituelle. La température, le vent, les précipitations, la visibilité et le risque d’orage en altitude peuvent varier considérablement des conditions dans la vallée. Un bulletin météo local spécialisé dans les prévisions en montagne, comme Wetter Südtirol, donne généralement une image plus précise de ce qui se passe réellement en altitude.

Un orage est-il annoncé? Optez alors pour un itinéraire plus court, restez en basse altitude ou reportez votre randonnée. La visibilité se détériore-t-elle soudainement à cause du brouillard? Dans ce cas, ne vous écartez pas des balisages et évaluez calmement s’il est encore raisonnable de continuer. Apprendre à s’adapter aux conditions et à modifier ses plans font partie de l’expérience de la randonnée en montagne.


7. Partez avec un guide

​Faire appel à un guide n’est pas l’apanage des alpinistes qui souhaitent gravir un sommet technique. Même pour une première randonnée en montagne classique, les conseils d’un accompagnateur spécialisé peuvent être très utiles. Un guide local connaît le terrain, surveille la météo et adapte le rythme et l’itinéraire en fonction du groupe. De plus, vous pouvez mieux profiter du paysage en chemin.

Stefanie attire notre attention sur des plantes, des animaux et des petits détails que nous aurions tout simplement ignorés. La randonnée devient bien plus qu’un simple trajet de A à B. C’est aussi l’occasion de prendre le temps de mieux observer le paysage que l’on traverse.

Un couple de randonneurs avec un sac à dos.
© Office de tourisme de Schenna - Helmuth Rier


Un guide est particulièrement utile si vous avez des doutes quant au niveau de difficulté d’un itinéraire, si vous avez peu d’expérience des sentiers escarpés ou étroits, ou si vous souhaitez vous essayer à une activité technique. Vous trouverez un guide de randonnée ou un guide de montagne agréé auprès de l’association locale des guides. Au moment de la réservation, indiquez honnêtement votre niveau d’expérience et votre condition physique. Le guide pourra ainsi vous proposer un itinéraire qui vous correspond vraiment.


8. Respectez la montagne

​Les alpages ne sont pas qu’un simple décor pour une randonnée. Ils représentent à la fois un habitat pour les animaux, une terre agricole, un terrain d’activité professionnelle et un milieu naturel fragile. Suivre les sentiers balisés contribue à protéger la végétation et le sol.

Mieux vaut aussi éviter de prendre des raccourcis, car ils peuvent endommager la végétation et provoquer de l’érosion. De plus, les vaches, les chèvres et les animaux sauvages se sentent plus à l’aise lorsque les randonneurs gardent une certaine distance.

9. Faites une initiation à la randonnée de refuge en refuge

​Une randonnée de plusieurs jours avec nuitées en refuge peut sembler un peu trop aventureuse pour certains, mais vous n’êtes pas obligé de vous lancer directement dans une marche de plusieurs jours avec un sac à dos bien rempli. Passer une nuit dans un refuge facilement accessible est une initiation parfaite pour découvrir les plaisirs de la montagne et la nature sans vous lancer d’emblée dans toute une expédition.

Le refuge Nasereit Hütte est situé à environ 1.500 mètres d’altitude dans le massif du Texel. Depuis les environs de Partschins, on s’y rend à pied en traversant la forêt et de vastes prairies, et en longeant des cascades. Après une journée de marche, on passe la nuit en altitude avant de redescendre dans la vallée le lendemain. Une randonnée en refugeallégée”, en quelque sorte.

Refuge de montagne adossé à une paroi rocheuse.
Le refuge Nasereit Hütte, situé à environ 1.500 mètres d’altitude dans le massif du Texel © TineBongaerts.HEIC

Un refuge de montagne n’est pas un hôtel classique. On y dort généralement dans une chambre simple ou un dortoir et on suit le rythme de la montagne: dîner tôt, se coucher tôt et repartir tôt le lendemain matin. C’est précisément cette simplicité qui rend cette expérience si particulière.

Réservez votre hébergement à l’avance et vérifiez le type de lit disponible, si vous avez besoin d’un sac de couchage, s’il y a des douches et si vous pouvez payer par carte. N’emportez que le strict minimum, car chaque pull supplémentaire, c’est vous qui devrez le porter jusqu’au sommet. Et si cette première nuit en refuge vous a vraiment plu, libre à vous de planifier une randonnée en plusieurs étapes la prochaine fois.


10. Ajoutez une touche d’adrénaline avec une via ferrata

​Si vous recherchez un peu plus de sensations fortes, vous pouvez tenter une via ferrata. C’est un mélange entre une randonnée en montagne et une ascension le long d’une paroi rocheuse. Grâce à une longe double (ligne de vie) et à des mousquetons spéciaux, vous êtes relié en permanence à un câble d’acier. L’ascension se fait à l’aide d’échelles en fer, de rampes, de barreaux et surtout de la roche elle-même.

Les via ferrata sont classées de A à F, A correspondant au niveau le plus facile et F au niveau extrêmement difficile. Cependant, la lettre ne dit pas tout: la longueur du parcours, l’altitude, la présence de rochers humides et votre propre réaction face au vide déterminent également le niveau de difficulté.

Deux personnes sur une via ferrata.
La via ferrata Ziel - © Emilie Bruynbroeck


Sur la via ferrata “Ziel”, Robert, connu dans la région sous le nom de RoBerg, nous guide le long de rochers, de cascades et de câbles d’acier. Avant de partir, il nous explique comment fonctionnent le harnais de sécurité, la longe et les mousquetons, ainsi que la technique d’escalade à privilégier.

“Une via ferrata, c’est spectaculaire”, nous prévient-il. “La première fois, faites-vous accompagner par un guide et vérifiez toujours les prévisions météo. La pluie rend la roche glissante et, en cas d’orage, mieux vaut rester loin du câble d’acier.” Il faut d’abord bien s’accrocher pour garantir la sécurité, puis l’adrénaline viendra d’elle-même.


Premières vacances à la montagne dans le Sud-Tyrol: 3 incontournables

  • Première randonnée en altitude: depuis Saltaus, prenez le téléphérique du Hirzer et arrivé au sommet choisissez une randonnée avec vue panoramique à votre portée.
  • Première nuit dans un refuge: combinez une randonnée avec une nuit en montagne, par exemple dans le charmant refuge Nasereit Hütte.
  • Premier défi technique: sous la supervision d’un guide, faites une initiation à l’escalade sur une paroi rocheuse sécurisée, comme la via ferrata “Ziel”.


Le Sud-Tyrol en pratique

  • Situation: au nord de l’Italie
  • Comment s’y rendre: vol direct depuis Anvers vers Bolzano/Bozen avec SkyAlps
  • Durée du vol: environ 1 heure et 40 minutes
  • Transports sur place: train, bus, navette ou voiture de location
  • Südtirol Guest Pass: transports en commun gratuits auprès des hébergements participants
  • À vérifier au préalable: horaires d'ouverture des téléphériques et des refuges, état des sentiers et conditions météorologiques en montagne
  • Plus d’infos: www.suedtirol.info/fr/fr

Ce voyage a été organisé en collaboration avec le Sud-Tyrol et SkyAlps.