Plus d'un tiers des décès sur la route en Wallonie sont dus à des collisions avec des obstacles en bord de route

"Investir dans des routes qui pardonnent est indispensable."

Le nombre total de tués à 30 jours recule, mais les chocs contre des obstacles (arbres, poteaux, murets, rails) ne suivent pas la même pente et conservent un poids disproportionné dans la mortalité. Comme le montre ce tableau*, ces collisions représentent autour d’un tiers des décès en Wallonie (72 sur 206 en 2024), un niveau comparable aux années précédentes.

Année

Décès à 30 jours

Décès dus à des obstacles

2020

230

97

2021

198

73

2022

234

77

2023

225

80

2024

206

72

Type d'obstacle

 
arbre23%
poteaux20%
rail latéral12%
mur /chantier 8%

Ce que Touring demande. Faire de l’infrastructure qui pardonne un réflexe : créer des zones de sécurité latérales, éloigner les obstacles quand c’est possible, sinon les protéger (glissières continues et bien terminées, atténuateurs de choc, poteaux frangibles, têtes de pont sécurisées). Entretenir et stabiliser les bermes pour offrir une vraie échappatoire.

Priorités d’action. Viser d’abord les routes à 70–90 km/h et les sorties d’agglomération avec un plan “points noirs – chocs latéraux” : inspections régulières et mesures avant/après. Commencer par des actions simples et visibles : bandes rugueuses, revêtements plus adhérents dans les courbes, signalisation plus claire, retrait du mobilier inutile et sécurisation des fossés. Ensuite lancer un plan “arbres” (distances minimales par rapport à la chaussée, replantation à distance sûre sur les itinéraires à risque). Régions et communes accélèrent et publient les résultats.

Chantiers exemplaires. Protection physique des usagers et des équipes, coussins d’impact aux têtes de barrières, suppression des arêtes vives, cheminements nettement guidés : un chantier ne doit pas ajouter d’obstacles mortels.

Gouvernance et suivi. Piloter par les résultats : indicateurs publics annuels par type de collision et par réseau, liste unique de tronçons prioritaires et plan pluriannuel suivi. Intégrer les critères “forgiving roads” dans les cahiers des charges, former les équipes, diffuser des fiches solutions et suivre quelques KPI simples (obstacles traités, mètres de glissières fermées, sites avant/après).

Selon Touring, réduire les vitesses et renforcer les contrôles ne suffit pas : tant que des obstacles rigides bordent nos routes, la mortalité routière plafonne. Le progrès passera par l’infrastructure : éloigner ou protéger arbres, poteaux et murets, et sécuriser en priorité les tronçons à 70–90 km/h.  Quand la route pardonne, l’erreur n’est plus un drame.  La route doit absorber l’erreur, pas la vie.

*Chiffres : SPF Economie Statbel