Près de 45 ans après l’introduction de la révolutionnaire BMW R 80 G/S, nous voilà sur le sol allemand face à ce qui se veut un hommage à l’originale: la toute nouvelle BMW R 12 G/S. Un modèle entièrement inédit, habillé d’un style rétro, censé raviver la soif de pilotage pur. Mais tient-elle vraiment cette promesse?
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Let’s get dirty
Pour ce premier essai, nous avons été invités au célèbre Enduropark de BMW, à Hechlingen am See. Chaque jour, pas moins de 50 passionnés viennent y suivre un stage d’off-road, et ce plus de 250 jours par an! Les instructeurs affichent tous un sérieux et un professionnalisme exemplaires. Sur les murs du superbe bâtiment central, on peut lire en grandes lettres jaunes: « Let’s get dirty » — une invitation que l’on ne se fait pas répéter. Après un bref mais efficace briefing de sécurité, place enfin au concret: nous plongeons dans l’Enduropark pour découvrir de quoi cette BMW R 12 G/S au look rétro est réellement capable.

BMW R 12 G/S: la plus belle de toutes?
Mais avant même d’avoir parcouru le moindre mètre, la nouvelle BMW joue déjà l’une de ses plus belles cartes: son look, tout simplement réussi. « Mec, c’est sans doute la plus belle BMW jamais produite », lâchai-je à mon collègue, qui acquiesce aussitôt. Je n’ai jamais été un grand fan de la GS: trop grande, trop large, et avec une esthétique plus fonctionnelle qu’élégante. Et quand, en plus, une GS se voit chargée de pratiquement tout le catalogue d’accessoires BMW, Wünderlich et Touratech, au point de ressembler à un véritable camping-car, je décroche complètement. Visiblement, je suis loin d’être majoritaire, car les chiffres de vente, année après année, parlent d’eux-mêmes: les gens en raffolent et ne s’en lassent pas.

BMW R 12 G/S: le design à son apogée
Chez BMW, on a visiblement compris qu’il existe aussi une vraie demande pour une version beaucoup plus épurée de la GS. Une machine pure, qui se soucie peu — voire pas du tout — de l’ère numérique, et que l’on peut piloter sans avoir besoin d’un permis poids lourd. Et le plus savoureux dans l’histoire, c’est qu’il a fallu un Néerlandais pour donner forme à cette moto. Bart Janssen Groesbeek, ingénieur et designer, mérite à mes yeux sa place parmi les très grands après ce véritable chef-d’œuvre de design.
Le style de la R 12 G/S, avec son réservoir élancé, sa selle plate et son phare rond logé dans un carénage métallique, respire littéralement l’esprit de la R 80 G/S. Et la version avec le réservoir blanc et bleu associé à la selle orange efface tout simplement les 45 années qui séparent la première G/S de celle-ci. Comme l’a résumé un collègue avec beaucoup de justesse: « La seule autre fois où j’ai regardé un flat-twin avec autant d’admiration, c’était dans un garage Porsche. »

Bien plus qu’une classique modernisée
Ne vous y trompez pas: la BMW R 12 G/S n’est en rien une simple classique remise au goût du jour. Sous ses lignes délicieusement nostalgiques se cache une moto entièrement moderne. On retrouve ici le moteur déjà bien connu de la gamme R 12: un bicylindre à plat refroidi par air et huile, d’une cylindrée de 1 170 cm³, qui développe 109 ch à 7 000 tr/min et un couple maximal de 115 Nm dès 6 500 tr/min. Associé à une boîte à six rapports précise — pouvant recevoir en option un quickshifter d’usine —, l’ensemble suffit largement pour propulser les 229 kg de la G/S avec aisance, que ce soit sur route ou en tout-terrain.
Cela dit, 229 kg, auxquels il faut encore ajouter quelques litres d’essence, restent un poids conséquent dès que l’on s’aventure hors des sentiers battus.

Encore plus que ce que vous croyez
La BMW R 12 G/S est équipée de série d’une roue avant de 21 pouces, un choix idéal pour une utilisation en tout-terrain. À l’arrière, la G/S repose normalement sur une jante de 17 pouces, mais peut être dotée en option d’un modèle de 18 pouces, bien plus adapté aux escapades off-road. C’est d’ailleurs la configuration de notre machine d’essai, et la combinaison fonctionne à merveille.
Le centre de gravité particulièrement bas de la moto joue également un rôle clé: il offre un équilibre rassurant et permet d’oser davantage avec ce flat-twin qu’on ne l’imaginerait au premier abord.

Accent sur les capacités tout-terrain
La position de conduite est particulièrement réussie. Les genoux viennent parfaitement épouser le réservoir de 15,5 litres, offrant à la machine une sensation de compacité et de contrôle. Si vous roulez souvent en tout-terrain, optez sans hésiter pour les rehausseurs de guidon disponibles en option (+20 mm): associés à un guidon légèrement incliné vers le haut, ils garantissent une position idéale lorsqu’on pilote debout.
La BMW R 12 G/S bénéficie d’une suspension entièrement réglable à l’avant comme à l’arrière, avec 210 mm de débattement à l’avant et 200 mm à l’arrière. Des chiffres qui montrent clairement que BMW a pris très au sérieux les capacités off-road de cette machine. On le voit également dans les détails, comme la présence d’une pédale de frein réglable, conçue pour offrir un meilleur ressenti lorsqu’on roule debout, bottes tout-terrain aux pieds.

Une vraie dose de dynamisme
Après deux heures de pur plaisir off-road dans l’Enduropark de BMW, un bon plat de gnocchis et une boisson énergétique nous redonnent assez d’énergie pour attaquer la deuxième partie de ce test. Nous quittons la version blanc/bleu pour enfourcher la déclinaison brun/rouge, équipée de pneus plus orientés route et d’une roue arrière de 17 pouces.
Au programme: 120 km de magnifiques routes sinueuses en direction de Munich. Et sur l’asphalte, la R 12 G/S se montre étonnamment dynamique. Le flat-twin offre du couple dès les bas régimes, avec une réponse brute et pleine de punch qui vous arrache facilement un sourire. La simplicité de la commande est également appréciable: peu de boutons, trois modes de conduite de série, et en option un mode Enduro Pro pour les plus aventuriers.
On retrouve bien sûr le Dynamic Traction Control, désactivable pour un usage tout-terrain, et tous les réglages se font aisément via les commandes situées sur la partie gauche du guidon. Le tout est affiché sur un tableau de bord rond, petit mais parfaitement lisible et pratique.

Rouler et se faire plaisir
La partie cycle donne une impression de légèreté et de maniabilité, malgré un empattement relativement long. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le cadre de cette R 12 G/S ne diffère que dans les détails de celui de la R 12 nineT. Seule la partie avant a été modifiée afin d’offrir un angle de braquage plus important, indispensable pour les escapades en tout-terrain.
Sur route, la R 12 G/S se révèle être une machine extrêmement plaisante, avec une suspension efficace et un freinage tout aussi convaincant. Pas de menus compliqués ni de boutons à n’en plus finir: ici, on se concentre sur l’essentiel — rouler et se faire plaisir. Exactement ce que l’on attendait de cette moto.

Verdict
Sur le terrain exigeant de Hechlingen, la R 12 G/S a prouvé qu’il existe encore de la place pour des motos qui ne savent pas tout faire… mais qui donnent tout. Des motos qui ne sont ni les plus rapides, ni les plus puissantes, mais qui vous offrent un plaisir de conduite pur, celui qui vous rappelle pourquoi vous êtes tombé amoureux de la moto. Et ça, c’est une grande réussite signée BMW.
Au fil des générations, la GS s’était progressivement éloignée de la simplicité originelle de la R 80 G/S, celle qui a tout lancé. Avec cette nouvelle R 12 G/S, la marque change de cap et prend le contre-pied de ses modèles high-tech, pour revenir à une philosophie fondée sur la mécanique, l’authenticité et la pureté.
Sous ce style délicieusement nostalgique se cache pourtant une moto moderne, dotée d’un excellent moteur et d’une partie cycle bien aboutie. Reste la question du prix: BMW demande 17 790 euros pour la version standard. Un tarif élevé pour une machine volontairement simple. Pourtant, cela ne devrait pas freiner son succès. Ce sera autant pour son look unique que pour sa philosophie de simplicité assumée… Une simplicité qui, manifestement, se paie.
Le chemin vers les origines est donc, clairement, une route à péage.

Sous la selle
- Moteur: bicylindre boxer refroidi par air/huile
- Puissance: 109 ch
- Vitesse maximale: 215 km/h
- Poids tous pleins faits: 229 kg
- Prix: à partir de € 17 790
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