- Près d’un Belge sur deux estime que les feux sont mal synchronisés
- De nombreux usagers jugent les temps d’attente trop longs au feu rouge
- 8 Belges sur 10 soutiennent les carrefours sans conflit, à condition de les réserver aux endroits réellement à risque
Bruxelles, juin 2026 – Les feux de circulation rythment les déplacements quotidiens de tous les usagers : automobilistes, piétons, cyclistes, utilisateurs de trottinettes ou motards. Mais sont-ils toujours bien réglés, bien coordonnés et suffisamment adaptés à la réalité du trafic ? Pour le savoir, Touring a fait réaliser une enquête par le bureau d’études iVOX auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 Belges.
Les résultats montrent une attente claire : les Belges veulent des feux plus intelligents, mieux coordonnés et plus crédibles. Près de la moitié des automobilistes estiment devoir attendre trop longtemps à un feu rouge. Chez les piétons, cette proportion dépasse même une personne sur deux. La frustration est également bien présente chez les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes, dont environ la moitié jugent les temps d’attente trop longs.
Cette perception n’est pas sans conséquence. Un piéton sur trois déclare ignorer parfois ou régulièrement le feu rouge. Chez les cyclistes et utilisateurs de trottinettes, cette proportion atteint un usager sur cinq. Chez les automobilistes, le phénomène reste beaucoup plus limité, autour de 4 %, mais il existe également. Pour Touring, ces chiffres montrent qu’un feu mal compris, mal réglé ou perçu comme inutile perd progressivement son autorité.
Les feux intelligents, capables de s’adapter au trafic grâce à des capteurs ou des caméras, restent trop peu présents selon 54 % des usagers. Cette donnée doit toutefois être nuancée : près d’un répondant sur cinq déclare ne pas connaître ce système, tandis que 15 % disent ne l’avoir jamais rencontré. Cela montre à la fois un manque de déploiement et un manque de visibilité de ces dispositifs.
La question du nombre de feux se pose également. 36 % des automobilistes estiment qu’il existe trop de feux inutiles. Ce sentiment est partagé par 30 % des piétons, 34 % des cyclistes et utilisateurs de trottinettes, et 41 % des motards. À l’inverse, un peu moins de six Belges sur dix considèrent que certains feux pourraient fonctionner à l’orange clignotant pendant la nuit, plutôt que de maintenir en permanence une alternance rouge-vert, même lorsque la circulation est très faible.
La sécurité reste prioritaire, mais les mesures doivent être ciblées
L’enquête montre aussi que les Belges ne demandent pas simplement une circulation plus rapide. Ils acceptent largement que la sécurité soit prioritaire. Ainsi, 83 % des répondants se disent favorables à l’aménagement de carrefours sans conflit, même si cela peut ralentir la circulation.
Dans un carrefour sans conflit, les différents flux de circulation sont séparés dans le temps : les feux passent au rouge pour tous les usagers, puis chaque flux reçoit le vert à son tour. Ce type d’aménagement peut jouer un rôle important pour protéger les usagers actifs, notamment les piétons, les cyclistes et les utilisateurs de trottinettes, en évitant qu’ils ne se retrouvent dans l’angle mort de véhicules qui tournent.
Mais pour Touring, cette solution ne doit pas être appliquée de manière automatique. Elle doit être réservée aux endroits où le risque est réel et démontré. Un carrefour sans conflit est utile lorsqu’il répond à un problème de sécurité clairement identifié. En revanche, s’il est généralisé sans discernement, il peut allonger inutilement les temps d’attente, augmenter la frustration et réduire l’acceptation des règles par les usagers.
Touring plaide pour une évaluation globale des carrefours à feux
Pour Touring, l’enjeu n’est pas d’opposer fluidité et sécurité, mais de mieux les concilier. Des feux bien réglés peuvent améliorer la circulation tout en renforçant la sécurité. À l’inverse, des feux mal coordonnés provoquent des arrêts inutiles, des temps d’attente excessifs et un sentiment d’absurdité qui nuit au respect des règles.
Touring demande donc aux autorités locales et régionales de mieux collaborer afin de coordonner les feux de circulation entre eux. Trop souvent, l’usager quitte un feu vert pour s’arrêter quelques mètres plus loin à un nouveau feu rouge. Cette absence de coordination alimente la frustration et peut contribuer à des comportements agressifs ou dangereux sur la route.
Le déploiement plus large de feux intelligents doit faire partie de la solution. Ces systèmes permettent d’adapter les temps de feu à la circulation réelle, y compris pour les piétons et les cyclistes. Ils peuvent éviter qu’un usager reste seul devant un feu rouge alors qu’aucun autre véhicule ou piéton n’est présent. Plus un feu paraît logique et adapté à la situation, plus il est respecté.
Touring estime qu’une évaluation approfondie des carrefours régulés par feux s’impose. Il faut analyser les temps d’attente, la coordination entre les feux, la sécurité des usagers vulnérables, la pertinence des phases sans conflit et l’opportunité de maintenir certains feux à certains endroits. Dans certains cas, d’autres aménagements, comme des ronds-points, pourraient offrir une meilleure fluidité sans compromettre la sécurité.
Touring est prêt à contribuer à cette réflexion. L’objectif doit être clair : des feux moins subis, mieux compris et plus efficaces, au service d’une mobilité à la fois plus fluide et plus sûre.