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Destinations touristiques saturées
Le tourisme réalise une progression de 4,1% cette année, mais certaines destinations sont arrivées à saturation.

Le tourisme mondial va augmenter de 4,1% cette année. Ce pourcentage dépasse les prévisions et la capacité de certains lieux de villégiature. C’est ce qui ressort d’un rapport établi par Canadean, un bureau d'études britannique.

Canadean confirme les bienfaits du tourisme pour la vie de millions de personnes en raison de la création d'emplois. Néanmoins, dans certains lieux, la capacité est dépassée tant sur le plan des infrastructures que de l'environnement.

Islande

Gillian Kennedy, analyste chez Canadean, explique: "Dans plusieurs villes à travers le monde, dont Reykjavik, Amsterdam, Venise, Barcelone et Zanzibar, les effets délétères se font déjà sentir.

Les États tentent d’endiguer les problèmes, tout en tenant à conserver la rentabilité." Selon Canadean, le problème est devenu aigu en Islande: le nombre de touristes a grimpé de plus de 163% entre 2010 et 2015. Ces statistiques sont de bon augure pour l'économie, mais la surpopulation et la pollution des grands lieux touristiques sont des nuisances que les pouvoirs publics islandais peinent à maîtriser.

Taxe d'entrée

La pénurie d'hôtels est un aspect qui semble se résoudre spontanément par la progression des hébergements Airbnb, surtout à Reykjavik. Revers de la médaille: les prix de l’immobilier commencent à flamber.

Selon l'office du tourisme islandais, l’an dernier, Airbnb a connu à lui seul une augmentation de 124 % par rapport à l'année précédente. Gillian Kennedy poursuit: "Les autorités islandaises ont récemment laissé entendre qu'elles envisageaient le prélèvement d’une taxe d’entrée. L'argent servirait à augmenter la capacité hôtelière."

Barcelone et Venise

Le phénomène à l’œuvre en Islande se rencontre aussi ailleurs, selon Canadean. À Barcelone, les pouvoirs locaux veulent appliquer une amende de 600 000 euros à Airbnb et HomeAway pour l’offre de logements exploités sans licence. Une mesure clairement destinée à endiguer le tourisme de masse.

À Venise, ce type de tourisme est clairement une nuisance du secteur des croisières. En haute saison, la Cité des Doges est prise d'assaut par 30 000 croisiéristes, auxquels s'ajoutent 30 000 autres touristes. La ville n’est pas capable de faire face à une telle invasion, prévient l'UNESCO. Les habitants, qui sont à peine 55 000, désertent petit à petit leur ville. En 1951 et 1980, Venise comptait encore respectivement quelque 175 000 et 120 000 âmes.

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