La mobilité de demain: 10 tendances déterminantes

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La mobilité de demain: 10 tendances déterminantes

Depuis 130 ans, ​Touring veille à garantir des déplacements fluides, sûrs et pratiques, à des prix abordables. Nous nous tournons aujourd’hui vers l'avenir et analysons 10 évolutions qui nous semblent déterminantes pour la mobilité de demain.

Il s’agit ici de décrire clairement la situation telle que nous l’observons ou la prévoyons. Une chose est sûre: personne ne peut prédire l'avenir avec certitude. Si vous relisez cet article dans 5 ou 10 ans, il y a de fortes chances que certains pronostics ne se soient pas vérifiés. Et on peut imaginer que des aspects auxquels personne ne prête attention aujourd'hui s'avéreront cruciaux demain.

​1. La conduite électrique devient la norme

​2. La mobilité de demain repose sur la voiture et le vélo.

3. Le transport individuel demeure prédominant

​4. Prolonger la mobilité des seniors: un must!

​5. Des voitures plus petites, un choix judicieux

​6. Une circulation automobile plus lente, sur un réseau rationalisé

​7. L’infrastructure routière, un sujet de préoccupation

​8. Un budget mobilité plutôt qu’une voiture de société

​9. La mobilité reste un droit

​10. Les politiques restent difficiles à prédire


1. La conduite électrique devient la norme

​À l'heure actuelle, 15 % seulement des voitures neuves vendues sont entièrement électriques. La plupart des gens optent encore pour des motorisations à essence. Il est donc illusoire de penser qu'il n'y aura plus aucune voiture à moteur à combustion sur nos routes dans 10 ou 20 ans. Touring a cependant foi en un avenir électrique.

En effet, les exigences et normes internationales visant à lutter contre le changement climatique et la pollution atmosphérique sont telles que la conduite sans émissions est la seule option viable. Dans ce contexte, les voitures électriques paraissent incontournables.

D'autant que les batteries vont devenir plus puissantes, plus durables et moins chères. Au point que nous considérons que, d'ici la fin de la décennie, l'offre de voitures électriques sera suffisamment large et diversifiée pour répondre aux besoins spécifiques de chaque acheteur de voiture neuve. La conduite électrique pourrait donc bien s'imposer plus rapidement que prévu comme le premier choix.


2. Le vélo
talonne la voiture reine

​Si certains attribuent ce phénomène à la période du coronavirus, Touring estime que c'est surtout la technologie qui a joué un rôle. Quoi qu'il en soit, les vélos électriques jouissent d'une immense popularité. Non seulement dans le cadre des loisirs, mais aussi pour les trajets domicile-travail. Une tendance qui va se poursuivre voire s'accentuer, soutenue par d'importants investissements dans l'amélioration des infrastructures cyclables.

Le vélo est devenu incontournable dans la mobilité actuelle et à venir. Quoi de plus logique, car il offre autant de liberté et d'indépendance que la voiture, tout en procurant des atouts pour la santé et le portefeuille. Touring en déduit une évidence: la mobilité de demain repose sur la voiture et le vélo.

Mobilité - Cycliste roulant en ville sur un vélo électrique, avec arrière-plan flou.
Le vélo offre autant de liberté et d'indépendance que la voiture, tout en procurant des atouts pour la santé.

3. Mobilité: le transport individuel demeure prédominant

​En milieu urbain, les réseaux de bus, tramways et métros sont bien développés, parfaitement structurés et souvent aussi pratiques que rapides. Les familles y sont donc de plus en plus nombreuses à se passer de voiture personnelle. En revanche, en dehors des villes il est très difficile de proposer des transports publics ou collectifs praticables et abordables à proximité immédiate de chaque domicile. En outre, ils n'offrent jamais la liberté et la flexibilité dont on dispose avec sa propre voiture, une voiture partagée ou un vélo.

​Et le train? Il est particulièrement adapté aux grands flux de transport prévisibles, tels que les trajets domicile-travail entre les centres urbains. Mais le réseau ferroviaire manque cruellement de flexibilité, ce qui limite considérablement son potentiel de croissance, selon nous. Les transports publics et collectifs sont utiles et nécessaires, et leur importance ne cesse de croître dans les villes. Mais ils ne deviendront certes pas le principal vecteur de notre mobilité.


4.
Prolonger la mobilité des seniors: un must!

​La population belge vieillit. Parallèlement, les seniors restent plus longtemps actifs et impliqués dans la société, leurs besoins et leur désir de mobilité s’en trouvent donc accrus. On ne peut que s'en réjouir et les soutenir dans cette démarche. Et cela implique également que ce groupe d’usagers doit être pris en compte de manière adéquate.

Il convient par exemple de penser à des possibilités de stationnement à proximité des lieux de destination, à des transports publics accessibles, à une infrastructure routière claire et ‘lisible’ qui tienne compte des capacités physiques réduites des usagers seniors. ​Les constructeurs automobiles pourraient également perfectionner leurs dispositifs d'aide à la conduite en tenant compte des besoins des conducteurs plus âgés. Et ce, sans que leur fonctionnement soit inutilement ‘high-tech’.

Quoi qu'il en soit, la mobilité des seniors mérite beaucoup plus d'attention. Car qui perd sa voiture ou sa mobilité sombre souvent dans l'isolement et la solitude. Un mal social trop méconnu, qu'il nous faut combattre.

Un homme âgé vêtu d'un manteau d'hiver monte dans la voiture et regarde l'objectif.
Les constructeurs automobiles doivent eux aussi tenir compte du vieillissement de la population. | Photographe:


5. Le downsizing:
un choix judicieux

​Nous aimons tous avoir une belle voiture, spacieuse et confortable. Il n'y a rien de mal à cela. Mais la tendance actuelle aux véhicules toujours plus grands et plus lourds soulève certains défis. Une voiture plus grande signifie plus d'espace, mais surtout plus d'énergie pour la faire rouler. Et cela ne cadre pas avec les efforts attendus de la part de la société pour consommer l'énergie, les carburants et les matières premières de manière plus économique et rationnelle.

​Tôt ou tard, les autorités vont instaurer des règles visant à pénaliser les véhicules jugés trop grands, trop gourmands en carburant ou trop dangereux. Elles s'y emploient d'ailleurs déjà, notamment en augmentant les tarifs de stationnement pour les SUV. Voilà pourquoi Touring ne croit pas que l'avenir de l'automobile réside dans des véhicules encore plus grands, plus hauts et plus lourds. Et nous invitons chacun à faire des choix réfléchis. Mieux vaut le faire soi-même que d'y être contraint, non?


6. Une circulation automobile plus lente
, sur un réseau rationalisé

​Une circulation tranquille, des quartiers agréables à vivre, des abords scolaires sûrs... Telle est la vision largement partagée par la société et qui nous tient tous à cœur. Les limites de vitesse sont abaissées et leur respect fait l'objet de contrôles beaucoup plus poussés. Malheureusement, cela s'accompagne régulièrement d'excès et, osons le dire, de comportements abusifs. Touring estime que c'est avant tout l'infrastructure routière elle-même qui doit inciter à rouler à une vitesse appropriée. La sécurité durable passe par là.

​Nous poursuivrons également notre combat pour garantir l'efficacité du réseau de transport et l'améliorer encore. Un meilleur aménagement des carrefours et des feux de signalisation suffirait à compenser le temps perdu en raison d'une vitesse maximale légèrement réduite. La tendance actuelle montre clairement que nous devrons réserver une plus grande partie de l'infrastructure routière aux cyclistes et aux piétons, et que l’on roulera plus calmement dans les zones résidentielles. Et nous pensons que cette tendance va se poursuivre.

7. Mobilité: l’infrastructure routière demeure un sujet de préoccupation

​L’infrastructure routière restera une préoccupation majeure au cours des dix prochaines années. Bon nombre de ponts et de tunnels doivent être rénovés de toute urgence, et un manque historique d'investissements nous impose des routes qui ne répondent plus aux normes de qualité ni aux flux de circulation actuels.

Ajoutez à cela que pratiquement tous les projets d'infrastructure de notre pays se heurtent à la fois à des oppositions et des manœuvres dilatoires, même si les travaux améliorent la situation. Non, ce ne sera pas une mince affaire de mettre notre infrastructure à niveau. Et oui, nous comptons sur une politique plus vigoureuse pour accomplir ce qui est nécessaire.

Mobilité - Panneau de signalisation en ville indiquant des travaux routiers.


8. Un
budget mobilité plutôt qu’une voiture de société

​La Belgique étant championne du monde de la fiscalité sur le travail, des dizaines de moyens ont été imaginés pour rémunérer les travailleurs en avantages plutôt qu’en salaire. Parmi ceux-ci, citons les chèques-repas et les éco-chèques, les assurances groupe et hospitalisation, l'épargne-pension, les vélos de société et, bien entendu, les voitures de société ou de fonction.

​Celles-ci sont particulièrement critiquées, car elles encourageraient une surconsommation de mobilité. Auparavant, on reprochait aux voitures de société d'être trop grandes et trop gourmandes en carburant. Cette réputation s'est toutefois estompée depuis qu’elles sont devenues les pionnières absolues de l'électrification du parc automobile.

​Quoi qu'il en soit, nous prévoyons un changement radical, dans la mesure où l'on passera de la simple mise à disposition d'une voiture comme élément de rémunération à l'octroi d'un budget mobilité. Et cela nous semble idéal: l'utilisateur peut alors composer lui-même son pack mobilité, avec ou sans voiture, et le compléter par un vélo, un abonnement de transports en commun ou l'utilisation de voitures partagées ou de location. Voilà qui s’inscrit bien dans l’air du temps, où la flexibilité et l'approche personnalisée revêtent une importance majeure.


9. La mobilité reste un droit

​Nombre de ces tendances et évolutions semblent restreindre la liberté et dresser certains obstacles. On a parfois l'impression qu'il faut se sentir coupable d'utiliser ou d'avoir besoin d'une voiture. Cela nous paraît injustifié: la mobilité est un droit et une condition nécessaire pour prendre part à la vie en société. Et la voiture constitue souvent le choix le plus logique.

​D'ailleurs, les ‘nouveaux modes de travail’ et la technologie numérique ne font pas disparaître la nécessité de se déplacer physiquement. L'objectif poursuivi change, certes, avec une attention accrue portée à la découverte et aux loisirs, mais les humains demeurent des êtres en mouvement. Il est donc essentiel que la mobilité ne soit pas restreinte, mais axée sur l'innovation et l'amélioration.

Une voiture et un cycliste se croisent sur une route de campagne.
La mobilité est un droit et une condition nécessaire pour prendre part à la vie en société.


10. Les politiques restent difficiles à prédire

​Les tendances et évolutions que nous annonçons se voient facilitées ou freinées par le cadre politique. Or, la politique de mobilité de notre pays reste très fragmentée et imprévisible. Un jour, une mesure est encouragée (une voiture diesel économique, une prime à l'achat d'un véhicule électrique), le lendemain, c'est un revirement complet.

​L'idéologie l'emporte trop souvent sur la raison, la progressivité et le bon sens. La priorité est donnée au court terme ou aux élections suivantes. Ce qui nuit à un élément aussi structurant pour notre mode de vie et nos relations sociales que la mobilité. C'est pourquoi, 130 ans après sa création, Touring continue de défendre avec constance et ouverture d'esprit les intérêts de tous les Belges ayant besoin de mobilité. Vous pouvez compter sur nous.

Touring s’est également penché sur les évolutions qui nous semblent le moins susceptibles de se réaliser dans le futur. Curieux? Lisez notre article.