Lotus Emeya 2025: plus proche d’une “vraie” Lotus

Image
Lotus Emeya électrique jaune vue avant trois-quarts, avec arrière-plan montagneux
Image
Lotus Emeya électrique jaune vue avant trois-quarts, avec arrière-plan montagneux

Lotus Emeya 2025: plus proche d’une “vraie” Lotus

Symbole passé de la sportivité ultralégère, Lotus a pris un virage radical sous l’ère Geely. Avec des modèles comme l’Eletre et l’Emeya, la marque anglaise entre dans la cour des grandes électriques. Mais à quel prix? Celui du compromis...


Envie de découvrir d’autres modèles de voitures testés? Retrouvez tous les tests auto de Touring.


Il fut un temps où Lotus ne jurait que par la chasse aux kilos. “Light is right ”, disait Colin Chapman, fondateur de la marque. Un crédo qui a donné naissance à des icônes. Ainsi, la Seven, l’Elise ou l’Exige: des voitures conçues pour la légèreté, le plaisir de pilotage et une connexion brute à la route.

Cette philosophie a longtemps fait la renommée de Lotus, célébrée dans les paddocks comme sur les routes sinueuses, mais elle avait un revers: des ventes limitées, une faible rentabilité et une difficulté chronique à élargir la clientèle.

Lotus Emira Clark Edition verte et jaune posée à côté d’une monoplace de course Lotus historique.
Le passé et le présent côte à côte. L’Emira, celle de droite (voir son descriptif ci-dessous) ne joue pas dans le même jeu que ses sœurs électriques.


Geely en sauveur

Tout a changé en 2017 avec le rachat par le groupe chinois Geely, déjà propriétaire de Volvo, Polestar et actionnaire important chez Mercedes. Avec ce soutien industriel et financier massif, Lotus s’est vu confier une mission claire. Devenir un constructeur à part entière, capable de produire à grande échelle des véhicules performants, technologiques et désirables à l’échelle mondiale. Une ambition qui suppose des compromis… et des SUV. Premier fruit de cette mue: l’Eletre.

Avec l’Eletre, on est loin des Elise de 700 kg, mais, sur la route, la surprise est réelle.

Ce SUV électrique de 5,10 mètres, assemblé en Chine dans l’usine Lotus Tech de Wuhan, affiche un poids de 2,6 tonnes. Et jusqu’à 905 chevaux et une finition digne des grandes allemandes! On est loin des Elise de 700 kg, mais sur la route, la surprise est réelle. Direction précise, tenue de route étonnamment rigoureuse, freinage puissant, accélérations foudroyantes (2,95 s de 0 à 100 km/h)… L’Eletre ne fait pas semblant. Il reste toujours très lourd et filtré, bien sûr, mais il impressionne par son efficacité et la rigueur de son comportement.

Colin Chapman posé sur une Lotus Esprit dorée, devant un avion privé John Player Special aux couleurs Team Lotus.
Le fondateur de la marque mythique, Colin Chapman.


Un monde différent

Cette démonstration de force technique a un coût symbolique. Pour beaucoup d’amateurs, ce SUV luxueux incarne une rupture brutale avec l’esprit Lotus. Fini le minimalisme, place à la sophistication. Mais si cela permet à la marque de survivre, d’innover et d’élargir sa gamme, alors pourquoi pas? D’autant que l’histoire ne s’arrête pas à l’Eletre. Car avec l’Emeya, sa première berline électrique, Lotus revient à quelque chose de plus fidèle à ses racines. Moins massif, plus agile, plus orienté “conduite”, ce modèle montre que l’électrique peut aussi s’exprimer à la manière de Chapman.

Lotus ne tourne donc pas le dos à son histoire: elle tente d’en écrire une nouvelle version, avec d’autres outils, pour un monde différent.

Deux Lotus Emeya électriques, une blanche et une rouge, roulant côte à côte sur une piste rapide entourée d’arbres.
Des lignes qui font se retourner les têtes dans la rue!


Emeya: plus proche d’une “vraie” Lotus

Plus proche des racines de la marque que l’Eletre, la Lotus Emeya est une berline électrique de 612 ch qui combine confort de GT et agilité d’une sportive. Malgré ses 2,5 tonnes, son châssis parfaitement calibré et sa direction incisive donnent le sourire au conducteur. Les suspensions pneumatiques absorbent bien les défauts de la route, tandis que la transmission intégrale assure une motricité sans faille. L’intérieur raffiné fait la part belle aux matériaux haut de gamme. Moins tape-à-l’œil que l’Eletre, l’Emeya coche, pour nous, plus de cases pour qui cherche une Lotus moderne orientée plaisir de conduite. Prix: entre 109.490 et 154.890 euros.

Emeya électrique jaune vue arrière trois-quarts, roulant sur une route de montagne."
L’arrière de l’Emeya nous a moins séduits. Les goûts et les couleurs...
Intérieur de la Lotus Emeya : habitacle moderne avec sièges clairs et écran central tactile.
Une chose que l’on ne pourra pas reprocher à l’Emeya, les matériaux sont de qualité et la finition très haut de gamme.


L’Emira prolonge la flamme

Lotus n’a pas encore tourné le dos aux moteurs thermiques. L’Emira, disponible avec un V6 compressé de 405 ch ou un 4 cylindres AMG de 365 ch (voir ci-dessus), reste au catalogue et séduit les puristes. Elle est pourtant annoncée comme la dernière Lotus à combustion avant une transition totale à l’électrique. Mais face à des coûts élevés, des ventes d’électriques encore timides et une pression financière croissante, le retour à des solutions thermiques électrifiées n’est plus exclu. La Theory One Concept pourrait en être la prochaine illustration. Lotus se réinvente… mais pas sans garder une oreille attentive aux battements d’un légendaire moteur thermique.

Envie de découvrir d’autres modèles de voitures testés? Retrouvez tous les tests auto de Touring.