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Ce qui va déterminer votre voyage en 100% électrique, ce sont les caractéristiques de votre véhicule et de la recharge. Plus quelques astuces bien utiles !

La majorité des VE actuels peuvent aisément parcourir 2 à 300 kilomètres d'une traite, y compris sur autoroutes. Et sans doute plus pour les autos bénéficiant de (très) grosses batteries. Mais au-delà, la nécessité d’une recharge survient. Voici quelques pistes de réflexion. De la théorie à la pratique…

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Photographer: Ralph Hutter | Source: Unsplash


En résumé, à vérifier avant d'acheter un VE :

  • La capacité de la batterie
  • La capacité du chargeur AC
  • La capacité du chargeur DC
  • La consommation WLTP (et lire les essais pour vérifier si c'est réel ou pas !)
  • Disposer d'une ou plusieurs cartes de recharge et d'une appli pour trouver les bornes


Plug-in ou 100% électrique ?

Sans volonté de discriminer qui que ce soit, nous n'aborderons que ce qui touche aux véhicules 100% électriques. En effet, la problématique liée aux hybrides rechargeables (plug-in) est bien différente puisque, par définition, vous avez toujours la possibilité de rouler - batteries vides - grâce au moteur thermique. Vous trouverez, sur notre blog, toutes les questions relatives à ces différences entre hybrides (mild et full) et 100% électriques.


Un peu de théorie électrique

Ce qui va déterminer votre futur voyage en 100% électrique, ce sont les caractéristiques de votre véhicule et du matériel de recharge. Et d'abord un petit rappel des notions d'électricité :

Le Volt (V) correspond à la tension électrique, l'Ampère (A) à l'intensité et le Watt (W) à la puissance. Un kilowatt (kW) correspond à 1000 watts, c’est l’unité de mesure utilisée pour indiquer la puissance et la rapidité de charge des appareils électriques. La capacité de la batterie est exprimée en kilowatt heure (kWh). Cela correspond à la quantité d'énergie délivrée ou sa capacité de stockage. Un exemple : une voiture avec une batterie d'une capacité de 55 kW sera (théoriquement) rechargée après 5 heures sur une borne délivrant 11 kW. Les voitures 100 % électriques embarquent de batteries allant d'une vingtaine de kWh (ex: Fiat 500e, 24 kWh) à plus d'une centaine (ex : BMW iX : 105 kWh).

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Il y a batteries et batteries...


Les nuances de ces chiffres

Pour estimer le temps de recharge de votre VE, il faut toutefois considérer d'autres aspects comme le chargeur embarqué. Ce dernier (entre 3 et 11 kW suivant le modèle de VE) va permettre la recharge de la batterie en courant continu. En effet, le courant délivré par le réseau électrique "classique" est en alternatif et doit donc être converti. C’est le rôle du chargeur embarqué qui va réguler la tension et l’intensité du courant… Il protège aussi le VE en stoppant la charge si une anomalie survient.

Bref, ce qui nous intéresse ici, c'est la recharge de la batterie. Si vous avez une borne qui fournit du 22 kW et que le chargeur embarqué de votre VE autorise - exemple - 7,4 kW, votre batterie n'acceptera pas plus que ces 7,4 kW. Et donc, si la batterie a une capacité de 50 kWh, branchée sur cette borne de 22, elle ne sera remplie qu'après 7 heures environ (50/7,4).

Quant aux bornes dites "rapides" (au-delà de 22 KW et jusqu'à 350 kW !), elles fonctionnent en courant continu. Dans ce cas, les VE acceptent des charges allant de 50 kW à… 350 kW pour les plus performantes. Au moment d'acheter votre VE, vérifiez bien ce dernier point. Car une même voiture peut être livrée avec un chargeur DC de 50 kW ou, en option, la possibilité de monter à 100 ou 125 kW. Au moment de recharger sur la route des vacances cela fera une sacrée différence. Puisque, dans ce dernier cas, vous diviserez votre temps d'attente par deux !

Un système complexe qu’il faut apprendre à maîtriser


Le mieux c'est de 20 à 80 %

Quoi qu'il en soit, même en s'arrêtant à une borne "rapide ou ultrarapide", il faudra un certain temps pour recharger la batterie de votre VE. L'idéal, c'est de stopper la charge une fois les 80% atteints. Pourquoi ? Parce qu'au-delà, le processus va prendre beaucoup plus de temps. Une image pour expliquer ce phénomène. Quand vous gonflez un pneu de vélo, la manœuvre est aisée jusqu'à un certain niveau puis, de plus en plus ardue. Ainsi, en charge rapide, vous remplirez les 80% en 30 ou 40' alors qu'il faudra sans doute une bonne demi-heure en plus pour atteindre les 100%. Or, perdre ces 30' ne vous offrira pas énormément de kilomètres d'autonomie en plus. Surtout dans le cadre d'un long déplacement sur autoroute.

Quant au minimum à conserver avant recharge, nous vous conseillons 20 %, ce qui vous laisse de la marge et une certaine tranquillité d'esprit. Nous voyons beaucoup d'automobilistes arriver aux bornes rapides d'autoroutes avec 2 ou 3% de réserve. Or, si tous les postes sont occupés, il faudra attendre sur place alors qu'avec un peu plus de réserve, il est possible d'aller recharger plus loin et/ou à l'écart de la foule.


Et l'autonomie finalement ?

Reste donc l'inconnue liée à l'autonomie réelle de votre VE. Cela dépendra de nombreux facteurs. Le premier et essentiel : la capacité de votre batterie en lien avec la consommation aux 100 kilomètres. Les consommations annoncées par les constructeurs (selon le cycle WLTP) sont évidemment très optimistes et généralement peu en phase avec la réalité. Tout dépend du type de véhicule, son poids, sa puissance et… la manière de conduire !

Prenons un exemple théorique avec des chiffres arrondis pour une meilleure compréhension. Un VE dispose d'une batterie de 60 kW de puissance nominale et 58 en puissance utile. L'auto consomme, selon le constructeur, 18 kWh/100km. Il suffit de diviser 58/18, ce qui donne +/- 320 km d'autonomie. Mais ça, c'est en théorie. En réalité, n'espérez pas plus de 250 à 280 km même avec une vitesse constante (pas trop élevée), une température "idéale" située entre 10 et 20 degrés et un profil de route plutôt plat…

Pour la route des vacances, cela représente donc une pause à effectuer toutes les 2 heures, comme préconisée par les institutions de sécurité routière ! Toujours en théorie, cela représentera, sur un parcours de 1000 km (on soustrait la charge de départ et la batterie vide en fin de voyage), 3 charges de +/- 30 à 40' soit entre 1h30 et 2h à ajouter au trajet classique. Quelle différence avec un trajet en véhicule thermique ? Dans ce dernier cas, comptez 3 arrêts de 15', vous perdrez donc environ une heure en tout sur ce même trajet en VE. Mais ça, c'est en théorie et lorsque tout se passe pour le mieux.

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De la théorie à la pratique...


Badges et cartes de recharge, la jungle !

C'est l'une des problématiques récurrentes pour les VE : les cartes/badges de recharge ! En effet, à l'inverse des carburants fossiles, il existe très peu de bornes de recharge publiques payables avec une simple carte bancaire. Vous devrez donc souscrire à une carte de recharge, une app, un porte-clés ou un badge lié à un abonnement souscrit auprès d’un ou plusieurs fournisseurs. Car il existe de nombreux acteurs sur le marché et tous ne donnent pas accès à l’ensemble des bornes publiques. Vérifiez donc auprès de chaque fournisseur à quel réseau de recharge il donne accès.

Le montant de l’abonnement et les tarifs d’usage sont aussi très variables. Certains fournisseurs facturent à la minute, d’autres au kWh tandis que certains facturent, en plus, un forfait dès le lancement de la transaction. Les variations de tarifs sont également importantes en fonction des bornes. Cela va de +/-0,30€/kW à plus de… 0,80€/kW. Bref, vérifiez bien ces informations avant de vous brancher.

Notez enfin que certaines chaines de magasins proposent des bornes à l'accès gratuit sur leur parking. C’est le cas de Cora, de certaines enseignes Trafic ou encore de Lidl. Chez Trafic, il s’agit de bornes solaires offrant une puissance de 11 kW, tandis que Cora propose du 22 kW. Et chez Lidl, le plus avancé en la matière, vous trouverez, outre des bornes 11 et 22 kW du 50 kW. De quoi reprendre rapidement la route !


Et pour trouver une borne ?

La plateforme Optimile est une des solutions idéales pour les entreprises. Grâce à son application smartphone et sa carte de recharge, Optimile donne accès à l’un des plus grands réseaux de stations de recharge en Europe, avec plus de 120.000 sites dans 19 pays. En outre, le client peut connecter n’importe quelle autre marque de station de recharge à la plateforme, ce qui permet d’ajouter facilement de nouvelles stations de recharge. Les clients choisissent donc eux-mêmes, en fonction de leurs besoins et souhaits, l’étendue de leur réseau.


Un petit coup de boost !

La crainte principale des conducteurs de voitures électriques, c’est la panne sèche. Si vous n’avez plus d’autonomie, faire l’appoint n’est pas aussi simple qu’avec une voiture thermique. Grâce à des appareils appelés "boosters", Touring apporte une réponse à cette problématique. Les ‘boosters’ permettent de donner un petit coup de boost aux batteries des véhicules électriques pour leur permettre de rejoindre la borne la plus proche. Ces appareils sont ainsi capables de recharger à raison d’un kilomètre d’autonomie à la minute. De quoi lever les dernières craintes des collaborateurs qui étaient encore réticents d’opter pour une voiture électrique.


Connecteurs multiples

Alors que l'Union européenne vient d'imposer un même type de chargeur (USB-C) pour les téléphones vendus sur son territoire, plusieurs types de prises sont utilisées dans l'univers du VE. Reconnaissons toutefois que la majorité des constructeurs automobiles soutient le système de charge combiné (CCS). C'est le cas en Amérique du Nord et en Europe. Mais les constructeurs japonais utilisent le système CHAdeMO (CHArge de MOve), et la Chine - le plus grand marché de véhicules électriques au monde - utilise la norme GB/T. En Europe en général et sur notre territoire en particulier, c'est bien le connecteur CCS qui domine largement le marché. On parle de type 2 pour les charges en courant alternatif et de CCS2 (ou combo) pour le courant continu.

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Connecteurs les plus fréquents (Source Arrow electronics)


Charges rapides et batteries pleines, à éviter ?

L’autonomie d’une voiture électrique est toujours calculée lorsque la batterie est à 100 %. Or, de nombreux constructeurs automobiles recommandent de ne pas (trop souvent) dépasser 80 % de charge, ceci afin de prolonger la vie de la batterie. Cela dit, ce n'est pas une règle générale et peut être ignorée lorsque l'on s'apprête à parcourir de longues distances. C’est un peu le même discours en ce qui concerne les recharges rapides, qui soumettent la batterie à un "stress" qu'il ne faut pas multiplier au quotidien. Ici encore, les longs trajets et les besoins d'une recharge rapide et immédiate font exception. Bien entendu, comme pour tout autre produit technologique, le mieux et de s’en référer au manuel d’utilisateur et les conseils qui vont avec.

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Pas conseillé au quotidien


Les constructeurs brident leurs batteries

Saviez-vous que les constructeurs brident volontairement une partie de la capacité de leurs batteries ? En fait c'est pour "lisser" les cycles de charge et de décharge et prolonger ainsi sa durée de vie. Et donc, lorsque l'ordinateur de bord de la voiture indique "100 %", ce n'est pas tout à fait vrai. C'est la raison pour laquelle, sur la fiche technique de votre VE vous trouverez une capacité nominale (quantité d’énergie réellement contenue dans la batterie) et une autre valeur "utile", soit la quantité d’énergie réellement disponible.