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En cette période de crise sanitaire, les agences de voyage jouent un rôle de conseil qui peut vous épargner bien des tracas. Non seulement pour la réservation, mais aussi par la suite de votre voyage.



Le Covid-19 affecte sérieusement le secteur du voyage. L’évolution constante des codes couleurs et des mesures sème partout la confusion et l’incertitude. Résultat: les voyageurs ne savent plus à quel saint se vouer et les agences de voyage se voient contraintes d’ajuster leur rôle à tout bout de champ. Quelques éclaircissements ne seront pas superflus…


Tout porte à croire que le coronavirus n’a pas fini de nous jouer des tours. Devons-nous pour autant mettre nos projets de vacances au placard pour une durée indéterminée? Absolument pas, mais vous avez tout intérêt à faire directement les bons choix en planifiant vos prochaines vacances.


Le bon réflexe est de se rendre dans une agence de voyage, car leur rôle de conseil peut épargner bien des tracas au voyageur. Non seulement pour la réservation, mais aussi par la suite si un problème venait à se produire. Ces derniers mois, les agences de voyage ont prouvé leur capacité à s’adapter rapidement à des situations nouvelles et à proposer des solutions pratiques dans des circonstances très difficiles.


Pour en savoir plus, nous nous sommes entretenus avec l’UPAV, l’Union Professionnelle des Agences de Voyage. Sebastien Hamende, vice-président de l’UPAV, confirme que les agences de voyage sont sévèrement touchées, mais souligne que durant tout ce temps, en coulisses, on s’est affairé – et on s’affaire encore – à trouver des solutions.

Sebastien Hamende
Sebastien Hamende, vice-président de l’UPAV


Brève chronologie des faits

D’abord, les frontières ont été fermées et de nombreux Belges ont dû être rapatriés. Ensuite, le confinement a été décrété, ce qui a paralysé les réservations et fait crouler les agences de voyage sous la paperasserie administrative. Puis, les choses ont semblé rentrer peu à peu dans l’ordre: certaines frontières ont été rouvertes et les vols ont repris. Hélas pas à pleine capacité. Et tous les hôtels n’ont pas non plus rouvert leurs portes (à temps). Sebastien Hamende: "Ça n’a franchement pas été une sinécure d’acheminer tout le monde jusqu’à destination, car tous les vacanciers n’avaient pas reporté leur voyage, loin de là. Avec un nombre limité de vols, tous n’ont pas pu partir comme initialement prévu, mais au bout du compte, ils ont quand même pu partir en vacances."


Après les déboires de l’été, les codes couleurs sont venus compliquer encore plus les choses. Une destination qui était verte un jour pouvait très bien devenir orange, voire rouge, le lendemain. Un cauchemar pour les touristes à l’étranger, mais une fois de plus, les agences de voyage sont montées au créneau pour rapatrier leurs clients.


95 % des vouchers inutilisés

Sebastien Hamende: "N’oubliez pas non plus que vous n’aviez que jusqu’au 19 juin pour demander un voucher. Les voyages qui ne pouvaient pas avoir lieu en raison des circonstances et pour lesquels plus aucun voucher ne pouvait être fourni ont dû être remboursés sur-le-champ. Actuellement, à peine 5 % des vouchers ont été utilisés pour réserver un nouveau voyage. La raison en est simple: de nombreuses frontières sont de nouveau fermées et la situation est particulièrement confuse pour Monsieur Tout-le-Monde."


Autrement dit, la plupart des vacanciers se tiennent actuellement sur la réserve, les codes couleurs étant un facteur des plus imprévisibles. Malgré cela, dans les coulisses du secteur du voyage cela fourmille d’activité. On s’emploie ainsi actuellement à conclure des accords bilatéraux avec les destinations de voyage. Et des discussions sont en cours au niveau européen en vue de l’adoption d’un système de codes couleurs uniforme applicable à court terme dans toute l’Europe. La situation pour chaque pays sera ainsi claire en un coup d’œil, et les voyages seront du coup nettement moins problématiques.


Et maintenant?

Selon Sebastien Hamende il y aura à coup sûr encore plus de faillites, car il ne rentre presque plus rien dans les caisses. "En France, le secteur espère atteindre cette année un chiffre d’affaires qui représente environ 15 % de celui réalisé l’an dernier. Et pour 2021, on table sur un chiffre d’affaires équivalant à 30 à 35 % de celui de 2019." La Belgique pourrait peut-être faire un peu mieux, mais selon Sebastien Hamende, le chiffre d’affaires ne dépassera pas la barre des 40 %.


"L’hiver promet d’être long", soupire Sebastien Hamende. Mais le consommateur n’a pas à se tracasser pour l’instant, ajoute-t-il. Malgré les faillites, le fonds de garantie veille à ce que les voyageurs ne perdent pas des plumes. "Regardez ce qui s’est passé avec Thomas Cook. Tout le monde a récupéré son argent."


Mais il est bien conscient que les fonds ne sont pas illimités. Il plaide dès lors pour la "consommation locale", comme nous l’avons fait cet été pour notre Ardenne belge et la Côte. Selon Sebastien Hamende, cela vaut tout autant pour la réservation d’un voyage à l’étranger. Celui qui réserve en ligne ne soutient pas toujours le secteur dans son pays. De plus, avec une agence de voyage, vous avez toujours quelqu’un à portée de main pour vous proposer des solutions réalistes, ce qui vous évite un tas de tracas en tant que client.


L’offre de voyage évolue

Il y a lieu toutefois de nuancer quelque peu, car en ligne aussi, des garanties sont offertes et les voyages à l’ère du corona peuvent être annulés ou reportés sans aucun problème. Mais, corrige Sebastien Hamende, une agence de voyage est encore et toujours la mieux placée pour dispenser des conseils fiables. Les agences de voyage suivent la situation des destinations de vacances de près, offrent des réponses adaptées aux questions difficiles et se tiennent au fait des tendances de voyage. Sebastien Hamende veut dire par là que l’offre évolue en fonction de ce que désire le client et de ce que dicte le marché. Son constat: le vacancier moderne préfère partir en voiture et ne descend plus dans de grands hôtels.


Bref, l’offre est proactivement adaptée de façon à permettre des voyages en toute sécurité. "Bon, OK, si vous voulez faire du ‘couchsurfing’, vous n’êtes pas à la bonne adresse", plaisante Sebastien Hamende. "Mais pour tous les autres types d’hébergements, les agences de voyage peuvent assurément vous aider."

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