La voiture électrique va devoir faire du bruit!

10/05/2017
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Moins d’émissions nocives et moins de bruit: l'auto électrique est un plus évident pour l'environnement, surtout en ville. Mais voilà, son silence représente aussi un danger potentiel pour les usagers faibles. Explications...

Les véhicules électriques sont encore largement minoritaires en Belgique (2.055 sur un marché global de 546.142 unités) mais leur part de marché est en croissance constante. Ajoutez-y  les voitures hybrides (plus de 16.000 en 2016 selon la Febiac) et cela représente un nombre conséquent. Ces chiffres devraient encore croître au fur et à mesure que leur prix baissera et que leur autonomie augmentera. Une bonne nouvelle? Pas pour tous les usagers… 


Deux fois plus de risques!

Car, c'est vrai, l'auto électrique n'émet pas de polluants dans l'atmosphère et elle incite indubitablement à une conduite relaxante. Mais l'auto électrique possède aussi une qualité qui peut devenir un gros problème pour la sécurité routière : elle est très silencieuse. En ville, c’est un danger. Depuis de nombreuses années, l’autorité de sécurité routière aux États-Unis (NHTSA) martèle d’ailleurs ce message inquiétant: une voiture dotée d'un moteur silencieux présente deux fois plus de risques d’entrer en collision avec les piétons et cyclistes qu’une voiture classique!


Un "bruit" obligatoire dès 2019 aux USA

Le ministère des transports américain (dont dépend la NHTSA) a donc décidé, dès septembre 2019, d'imposer aux véhicules électriques et hybrides accusant un poids de moins de 4,5 tonnes de signaler leur présence. Concrètement, en dessous de 30 km/h, ils devront pouvoir être entendus par les usagers faibles. Au-dessus de 30 km/h, le bruit des pneus et du vent suffit en effet comme avertisseur sonore. L'organisme américain n'a par contre précisé ni la nature, ni le volume du bruit à émettre. Cela fera l'objet d'une discussion dans les mois qui viennent...


Et en Europe?

L'Union européenne s'est également penchée sur ce problème en lançant le projet "eVADER". Ce consortium regroupe des acteurs du secteur tels que des constructeurs automobiles (Nissan, Renault, PSA...) et des équipementiers comme Continental ou Siemens. L'objectif est de mettre au point une "technologie auditive" suffisamment puissante pour alerter les piétons et les autres usagers de la route, tout en limitant au "maximum le niveau de pollution sonore", dixit les autorités européennes. Le résultat? Voici par exemple le son d'une Nissan Leaf électrique dans le cadre du projet "e-Vader". 

Ces "bips-bips" nouvelle génération devront en tout cas être prêts pour le 1er janvier 2019, pour toutes les voitures électriques et hybrides. Demain, en somme! 


Conducteurs, piétons, cyclistes, tous responsables

En attendant 2019 et ces nouvelles normes, mais aussi en attendant les prochains véhicules (semi) autonomes et leurs technologies prévues pour éviter les accidents en ville, la vigilance reste de mise face à ce danger potentiel. Comme le rappelle Benoît Godart, porte-parole de l'IBSR (Institut Belge pour la Sécurité Routière): "Les conducteurs doivent être encore plus attentifs à leur conduite, c'est une évidence. Mais les usagers faibles sont aussi acteurs dans cette problématique, notamment en ne se coupant pas de la circulation à cause d'un casque audio ou d'un smartphone trop "capteur d'attention". Bref, mettre (un peu) en sourdine l'auto en ville, c'est aussi l'affaire de tous.

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