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Interview de Wim Rommel, responsable Fleet du groupe automobile Stellantis.

"14 marques, c’est un atout majeur pour le fleet !"

Stellantis est donc le groupe qui aura finalement sauvé l’édition 2022 du Salon de l’Auto de Bruxelles, après que D’Ieteren ait annoncé sa non-participation. Un groupe encore jeune et en plein développement dont certaines marques ont encore besoin de se faire connaître. Nous avons rencontré Wim Rommel, directeur B2B de Stellantis Belux afin qu’il nous partage la stratégie du groupe.

Un peu d’histoire pour commencer : le groupe Stellantis a officiellement été fondé en janvier dernier. C'est le résultat de la fusion du groupe PSA (Peugeot-Citroën-Opel) avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Dès lors, à lui seul, il commercialise 14 marques issues de ces deux groupes : Citroën, DS Automobiles, Opel, Peugeot, Vauxhall, Fiat, Abarth, Alfa Romeo, Jeep, Chrysler, Dodge, Lancia, Maserati et RAM.

Une offre complète composée de voitures particulières dans tous les segments, d’utilitaires et même de pickups, et pour tous les types de budgets qui permet aussi à Stellantis d’être, à l’heure actuelle, le plus important acteur du marché automobile européen. Mais disposer d’autant de marques et de modèles dans son portefeuille nécessite une stratégie adaptée, surtout pour attirer la clientèle fleet, une donnée prépondérante en Belgique. Car le but de Stellantis n’est pas de faire disparaître certaines marques pour en renforcer d’autres comme on a déjà pu le voir dans le passé avec d’autres groupes automobiles. Bien au contraire...

Identités propres

Cela dit, si on se penche un peu plus sur les gammes de ces marques, quelques modèles de segments semblables risquent tout de même de se concurrencer les uns les autres. C’est par exemple le cas d’une Opel Astra et d’une Peugeot 308 ou encore d’une Opel Insignia et d’une Alfa Romeo Giulia...

Wim Rommel, responsable Fleet Belux chez Stellantis

Mais Wim Rommel se veut rassurant sur la question : "Tous ces modèles existaient de toute façon déjà bien avant la fusion des groupes PSA et FCA. Le marché automobile est déjà suffisamment grand que pour concurrencer les autres acteurs. Nous estimons donc qu’il n’y a aucune concurrence directe entre nos marques propres, je dirais même qu’elles se complètent. Le nom Stellantis est issu du latin "stello" qui signifie briller d’étoiles. Donc, pour nous, chaque marque et même chaque modèle est une étoile avec sa propre histoire et sa propre identité. Avec leurs caractéristiques propres et leurs budgets, toutes nos marques attirent une clientèle différente. Certaines doivent encore se forger une image comme la jeune marque DS Automobiles, tandis que d’autres, comme Citroën ou Opel par exemple, ont une clientèle fidèle depuis parfois plusieurs décennies".

C’est forcément un peu moins le cas pour les clients fleet, mais là aussi, Wim Rommel estime que le portefeuille de Stellantis est plutôt un atout. "Grâce à notre offre globale, chaque client fleet peut trouver dans notre gamme tous les modèles qui permettront de répondre aux besoins spécifiques de chacun de ses conducteurs. Chaque marque a vraiment une image qui lui est dédiée et c’est cela qui va attirer un acheteur fleet plutôt qu’un autre".

Stratégie globale

En regroupant toutes ces marques, le groupe Stellantis a forcément dû revoir leur stratégie propre, notamment vis à vis des clients fleet. Dorénavant, c’est la stratégie du groupe qui prime. Wim Rommel : "Nous nous positionnons comme Stellantis en tant que groupe envers les clients, avec un seul organigramme et une seule stratégie. C’est moi qui suis en charge du B2B pour l’ensemble des marques. Il n’y a pas de brand manager dédié à chaque marque mais nous travaillons évidemment avec des key accounts pour gérer les grandes flottes. Nos commerciaux ont donc pour mission de présenter aux clients l’ensemble de nos produits, toutes marques confondues.

C’est aussi un avantage puisque la majorité des clients n’ont que certaines de nos marques dans leur car-policy ou leur parc. En présentant l’ensemble de nos produits à leurs clients, nos commerciaux vont tenter de leur démontrer que les marques du groupe qui ne figurent pas encore dans leur car-policy ou flotte présentent aussi des atouts pour les conducteurs et pour eux. Nous devons cependant encore travailler à l’uniformisation des conventions car chaque marque dispose encore aujourd’hui de ses propres conventions".

Autre avantage de proposer autant de modèles, c’est de pouvoir les comparer entre eux. "La valeur ajoutée de notre équipe commerciale réside aussi dans le calcul du coût total de possession du véhicule (TCO). Nos équipes sont capables de fournir des calculs TCO complets de nos modèles pour que le client puisse savoir exactement ce que va lui coûter chacune de nos voitures durant sa durée de vie ou son contrat de leasing".

Notez d’ailleurs à ce niveau que Stellantis dispose de deux sociétés de location propre : Free2move pour les marques issues de PSA et Leasys pour celles issues de FCA. Et du côté des concessionnaires ? Rien ne change vraiment puisque tous vont continuer à proposer la marque ou le groupe de marques qu’ils proposaient auparavant. "Seuls nos vendeurs B2B sont formés pour être multimarques", précise Wim Rommel. Avouons qu’il faudrait disposer d’une fameuse infrastructure pour présenter tous les modèles des marques du groupe !

100% électrifié en 2025

Au sein des flottes, la transition vers le tout à l’électrique est bien en marche. La loi Van Peteghem, qui vise à supprimer la déductibilité fiscale des voitures de société 0 émission d’ici à 2026 n’y est évidemment pas étrangère.

Mais Wim Rommel affirme qu’un changement de mentalité est en train de se mettre en place. "Il y a encore quelques années, les entreprises intégraient des véhicules électriques un peu par obligation pour se conformer aux évolutions du marché ou pour se donner une bonne image. Aujourd’hui, on se rend compte que cette obligation s’est transformée en contentement. Les clients fleet sont demandeurs de produits électrifiés et pas seulement pour leurs avantages fiscaux. Et pour ceux qui ne sont pas encore convaincus, il suffit souvent de les mettre au volant d’une voiture électrique pour qu’ils en apprécient la conduite et les capacités. Contrairement à une idée reçue, rouler en électrique ce n’est pas rouler comme un papy".

Pour répondre à la demande croissante en véhicules plus "verts", le groupe Stellantis va donc considérablement déployer son offre dans les années à venir. "Notre offensive électrique est déjà en marche avec pas moins de 29 modèles actuellement électrifiés – EV et PHEV - dans nos différentes marques. Et elle va se poursuivre avec, pour objectif, près de 100% de nos véhicules électrifiés en 2025. Fiat a déjà la 500e full électrique, Jeep dispose de 3 modèles PHEV (Renegade, Compass et Wrangler), Opel a aussi plusieurs modèles hybrides et la Corsa en full électrique. Idem pour Citroën et Peugeot tandis que DS offre une version électrifiée pour chacun de ses produits. Seule Alfa Romeo n’a pas encore d’offre électrifiée, mais c’est prévu avec l’arrivée de la Tonale en 2022 qui sera son premier modèle PHEV".

"À l’heure actuelle, nous disposons donc déjà d’une offre qui répond aux besoins d’électrification de tous les types de clients. Car en attendant le passage réel à l’électrique pour 2026, je pense que beaucoup d’entreprises vont opter pour une transition via le plug-in hybride. Ce sera aussi une excellente façon de permettre aux conducteurs de s’adapter à la technologie et de prendre l’habitude de recharger leur véhicule. Et cela permettra aux entreprises d’installer progressivement l’infrastructure de recharge nécessaire".

Ventes fleet par marque sur le marché belge – Janvier à août 2021

Ventes fleet par modèle sur le marché belge – Janvier à août 2021

Le retour de Lancia

On l’écrivait en introduction, le groupe Stellantis ne compte pas faire disparaitre des marques de son portefeuille. C’est même plutôt l’inverse qui va se produire puisqu’il a récemment annoncé que Lancia allait faire son grand retour. Depuis 2017, la marque italienne avait déserté les marchés européens à l’exception de l’Italie, où seule la petite Ypsilon était encore commercialisée. Lancia viendra se positionner un peu comme DS dans un segment plus prestigieux avec, dès 2024, le lancement d’une nouvelle version de sa citadine Ypsilon, basée sur les Peugeot 208 et Opel Corsa. En 2026, c’est le nom Delta qui reprendra du service. Non pas pour un modèle sportif comme celui d’antan, mais bien pour une berline compacte full électrique. Une nouveauté qui tombera à point pour les flottes.

3 marques dans le top 10 fleet

Stellantis peut déjà se targuer d’une belle part de marché sur le marché fleet belge. Si on regarde les chiffres de ventes aux entreprises et indépendants sur les 8 premiers mois de 2021*, on remarque que trois des marques de groupe (Peugeot, Citroën et Opel) se trouvent dans le top 10 des ventes fleet avec un total de plus de 17% des ventes globales. Mieux encore, Peugeot se positionne dans le top 3 et devance Audi et Mercedes, deux "stars" du fleet. Cela se retrouve forcément dans le classement des ventes fleet par modèles où les Peugeot 208, 2008 et 3008 se positionnent parmi les 15 modèles les plus prisés par les clients B2B. Classement où l’Opel Corsa se forge aussi une place en 14e position et où la Citroën C3 honore une très belle 7e place.

* source JATO DYNAMICS

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