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Le marché du vélo de société, surtout celui de leasing, est en pleine expansion en Belgique. Un bon point pour l’environnement mais aussi pour les finances!

Le vélo de société, et particulièrement l’électrique, gagne de plus en plus en popularité. Il faut dire que la crise du coronavirus a profondément modifié nos habitudes de déplacement. Mais aussi que le vélo de société procure toute une série d’avantages tant pour les entreprises, que pour leurs employés…

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Un succès qui ne se dément pas.

Le marché du vélo de société, et plus particulièrement du vélo de leasing est en pleine expansion en Belgique. En 2020, entreprises et loueurs représentaient près de 50% des acquéreurs de vélos en Belgique. De nombreux nouveaux acteurs ont vu le jour ces derniers mois. En plus, presque toutes les sociétés de leasing ont développé une offre deux-roues. Comme pour les contrats de véhicules, il s’agit d’un système de location comprenant tous les services liés à l’usage du vélo. Comme l’entretien, la réparation, pneus de rechange, etc. Le tout en échange d’un loyer mensuel fixe et bien souvent avec une option d’achat à la fin du contrat.

Et parce que des chiffres valent mieux que tous les discours, prenez ceux-ci. ALD et Arval, les plus importants loueurs du pays, gèrent aujourd’hui respectivement 4.400 vélos en location auprès de 148 clients et 2.380 auprès de 113 clients. Ces vélos ont déjà parcouru des millions de kilomètres qui auraient normalement été effectués avec des voitures. Un bon point pour l’environnement.

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Évolution des ventes de vélos en Belgique (source Traxio)

Coronavirus : le boost inattendu

Selon une étude d’Acerta, 30,52% des employés ont opté pour le vélo au moins de façon régulière pour se rendre au travail en 2019. C’est une augmentation de 15,7% par rapport à 2018. Mieux, en 2020, ce fut même 33,3%, notamment en raison du coronavirus.

La crise a poussé les Belges à revoir leurs habitudes de déplacements et notamment à privilégier des solutions plus vertes et plus individuelles, comme le deux-roues. Le rush sur les vélos durant la pandémie a été tel que les délais de livraison ont parfois été allongés de plusieurs mois.

Le cadre légal entourant le budget de mobilité contribue aussi fortement au succès du vélo ces derniers mois. Celui-ci entre parfaitement dans les conditions du pilier 2 privilégiant les modes de transports alternatifs à la voiture de société. Il faut dire que la mise à disposition d’un vélo de société, qu’il soit de ville, VTT, pliable, électrique, speed-pedelec,… offre de très nombreux avantages. Et ce tant sur le plan fiscal, sur la santé et même sur l’image de l’entreprise.

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Type d’acquéreur de speed-pedelecs en 2020 (source Traxio)

100% déductible

L’avantage numéro 1 du vélo de société, c’est son traitement fiscal tant pour l’employeur que pour l’employé. Pour le premier, l’achat ou le leasing financier ou opérationnel d’un deux-roues et tous les coûts liés à son usage – entretiens, réparations, pneus, etc. - sont toujours déductibles à 100%. Il en va de même pour tous les frais qui concernent des accessoires. Ainsi des casque, pompe, sonnette, réflecteurs, kit de réparation, etc. Idem pour les infrastructures liées à l’usage du vélo. On parle ici des aménagements de vestiaires et sanitaires, points de recharge pour vélos électriques sur le site de l’entreprise, abri à vélo, etc. Même les vêtements et les protections utilisés par les travailleurs cyclistes bénéficient de ce régime fiscal avantageux.

L’employeur peut aussi déduire la TVA sur la part des déplacements professionnels effectués par son personnel avec un vélo de société. On parle donc ici bien des trajets vers les clients et non des déplacements domicile-travail. Ceux-là sont considérés comme des déplacements d’ordre privé.

Dans le cas de l’employé, la fiscalité dépend de l’utilisation. Soit le vélo est utilisé uniquement pour des déplacements professionnels, soit pour un mix de déplacements pro et privés. Dans ce second cas, l’employé sera redevable d’un avantage de toute nature sur la partie ‘usage privé’ du vélo. Pareil que pour une voiture de société. Si le vélo est utilisé uniquement à des fins professionnelles, l’employé ne sera redevable d’aucun avantage en nature. Enfin, la mise à disposition d’un vélo n’implique pas de paiement de cotisation de sécurité sociale (ONSS)... Sauf si le vélo de société en question est uniquement dédié à un usage privé.

Indemnité kilométrique

Si un employé utilise effectivement son vélo de société pour ses trajets domicile-travail, son employeur peut décider de lui octroyer une indemnité pour ces déplacements – et uniquement pour ceux-ci. Cette indemnité est nette d’impôt et d’un montant de maximum 0,24€/kilomètre réellement parcouru pour l’année 2021. Pour cette même année, le montant maximum qu’un employé peut percevoir est de 1.512 euros. Ces montants sont soumis à une indexation tous les ans. À l’heure actuelle, 18,7% des travailleurs belges en bénéficient déjà.

A noter que pour les employés de la commission paritaire 200, l’indemnité kilométrique est légalement obligatoire s’ils se déplacent régulièrement à vélo. Elle est fixée à 0,10€/km avec un maximum de 40€/jour de travail. Si son employeur lui a toutefois proposé auparavant une indemnité plus élevée, celle-ci pourra dès lors être conservée. Elle peut dépasser les 40€/jour, mais devra toutefois toujours rester sous le montant maximum légal de 0,24€/km.

Quant au coût du vélo de société, il est plus qu’intéressant pour l’employé. En effet, selon un calcul effectué par le secrétariat social Acerta, un travailleur disposant d’un salaire brut de 3.500€ devra débourser 100€/mois pendant 3 ans pour se l’offrir. Il faudra encore compter les coûts d’usage, d’assurances, etc. Dans le cas d’un leasing, le salaire net équivalent de l’employé ne sera réduit qu’en moyenne de 36,87€/mois. Ceci pour bénéficier du même vélo et de tous les services liés.

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Économies sur les contrats leasing

Si un collaborateur qui dispose d’une voiture de société et d’un vélo vient travailler avec son deux-roues, il va forcément réduire le kilométrage de son véhicule. C’est tout bénéfice pour son contrat de leasing auto. Il sera donc envisageable de réduire la mensualité ou d’allonger la durée pour diminuer les coûts. Mais c’est aussi tout bénéfice pour l’usure de son véhicule. Pensez aux pneus, aux plaquettes de freins, aux liquides de refroidissement et même plus généralement aux entretiens, dont la périodicité pourra être allongée. Tant l’employeur que l’employé seront gagnants !

Sachez d’ailleurs qu’un vélo de société peut généralement être couplé à un contrat de leasing voiture. De plus en plus de sociétés de leasing et d’employeurs proposent cette formule. Elle cadre parfaitement avec le budget de mobilité mis en place par le gouvernement. Il vous est également possible de coupler votre vélo à un abonnement de transports en commun. Ceci pour permettre à vos collaborateurs qui se déplacent, par exemple en train, d’utiliser leur vélo. Ils pourraient ainsi effectuer les trajets entre leur domicile et la gare la plus proche et votre entreprise et la gare qui la dessert.

Enfin, en augmentant la part de vélos de votre parc, vous allez aussi réduire les besoins de parking voitures sur le site de votre entreprise. Et donc certainement diminuer les éventuels problèmes ou manque de places de parkings rencontrés par vos collaborateurs.

Réduction des absences

C’est indéniable et c’est prouvé : la pratique régulière du vélo regorge de bienfaits sur la santé. Elle réduit notamment les risques de diabète, de maladies cardiovasculaires et de dépression. Elle renforce aussi le système immunitaire et permet un sommeil de meilleure qualité. Sans compter la réduction du stress lié aux embouteillages.

Des employés qui pratiquent le vélo régulièrement auront donc tendance à être plus zen, plus performants, moins souvent malades et donc moins souvent absents. Et qui dit réduction des absences, dit augmentation de la rentabilité de votre entreprise.

Une étude de SD Worx tend d’ailleurs à le prouver : le pourcentage d’absentéisme chez les usagers du deux-roues est inférieur à celui observé chez les automobilistes. « On enregistre en moyenne un jour de présence supplémentaire par année chez les travailleurs qui effectuent trois fois par semaine au moins trois kilomètres à vélo », conclut l’étude.

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Meilleure forme, meilleure image : pratiquement que des avantages !

Bon pour l’image

Eh oui, mettre des vélos à disposition de votre personnel joue en faveur de l’image de votre entreprise. Le vélo est en effet considéré comme un moyen de transport durable, écologique et moderne. Non seulement vous rendez votre entreprise plus moderne et plus verte aux yeux du grand public, mais vous la rendez aussi plus attrayante auprès de futurs employés potentiels. Ces derniers pourraient être séduits par cet avantage. On vise ici surtout les jeunes générations, de moins en moins attirées par la voiture. Davantage par les autres solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement.

Le vélo pourra aussi jouer un rôle de rétention auprès des employés actuels, lassés par les embouteillages quotidiens qu’ils subissent pour se rendre chaque jour au bureau.

Plus de vélos sur la route, c’est aussi moins de kilomètres parcourus en voiture, soit moins de bouchons, moins d’usure des chaussées et une réduction des émissions de CO2. En incitant ses collaborateurs à opter pour le vélo, une entreprise participe donc indirectement à améliorer la qualité de notre air.

Et les inconvénients ?

Oui, il y a aussi quelques inconvénients à proposer des vélos de société à ses collaborateurs. Par exemple, le fait que cela va forcément engendrer du travail administratif supplémentaire pour la personne qui devra gérer ces vélos au sein de l’entreprise.

Même si elles ont l’avantage d’être déductibles fiscalement, les infrastructures nécessaires aux cyclistes vont nécessiter des investissements et de l’espace sur le site de votre entreprise. Il ne sera pas envisageable d’inciter l’usage du vélo sans prévoir au minimum des vestiaires et des douches.

Pour l’employé, il y a aussi l’inconvénient de la météo… Imaginez : vous partez le matin à vélo avec un grand soleil et un orage imprévu se déclare en cours de journée. Vous serez malheureusement contraint de rentrer chez vous en bravant cette météo. Autres désavantages, pour le compte de l’employé, la nécessité de devoir s’encombrer de vêtements de rechange et de prendre une douche une fois arrivé au travail. Ceci doit forcément être pris en compte dans les horaires de trajet, parfois déjà allongés en comparaison avec le même trajet en voiture, pour ceux qui ont la chance de ne pas connaître les embouteillages.

Enfin, les infrastructures cyclables ne sont pas toujours au point dans notre pays. C’est particulièrement le cas en Wallonie, ce qui augmente les risques pour la sécurité des usagers. Pensez donc bien aux assurances avant d’opter pour des vélos de société.