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Test SUV Bentley Bentayga
Joliment redessiné, le Bentayga est prêt à résister à une concurrence de plus en plus rude. Voyager à son bord demeure une expérience extraordinaire.


Parmi les pionniers du segment des SUV de grand luxe lors de son lancement, le Bentley Bentayga doit désormais faire face à une concurrence féroce. Il reçoit donc un sérieux coup de jeune esthétique ainsi qu’une mise à jour technologique. Tout ça pour qu’on ne le perde pas de vue.


SUV Bentley Bentayga


Le Bentley Bentayga, en résumé

Lancé en 2016, le Bentley Bentayga a dû essuyer de nombreuses critiques. Tant sur la philosophie de Bentley de proposer un gros SUV, que sur son look, jugé très massif. Cela ne l’a nullement empêché de rencontrer le succès, que du contraire, puisque le Bentayga représente aujourd’hui 45% des ventes du constructeur. Pas question donc de se laisser démonter par des concurrents plus jeunes!

Son récent facelift vise donc à lui offrir une seconde jeunesse. Sur le plan esthétique d’abord, avec des traits remis aux goûts du jour; sur le plan du raffinement et de l’équipement ensuite, avec notamment une nouvelle finition Black Specification au look plus sportif et une connectivité renforcée avec les Smartphones.

SUV Bentley Bentayga
Joli ou pas, les avis sont souvent tranchés. Le Bentayga ne laisse en tout cas pas indifférent à son passage.


Le segment du Bentayga

Les SUV représentent désormais plus d’une vente sur 3 en Europe, et le segment du grand luxe ne fait pas exception. Porsche a flairé le coup voilà 15 ans avec le Cayenne. Il a offert, à l’époque, une alternative au Range Rover alors pratiquement seul sur le segment du SUV puissant et luxueux. Il a également induit une aisance financière jusqu’alors inconnue à la marque.

Cayenne et Rang, voilà les 2 concurrents présents lorsque ce Bentayga est sorti il y a 5 ans. Mais, depuis lors, la concurrence a fourbi ses armes. Comme Maserati qui a sorti son Levante, Audi ses S et RS Q8, BMW son X6M, Mercedes son GLS AMG… Et, plus récemment encore, Aston Martin s’est immiscé dans la zone avec son DBX, Rolls-Royce propose le Cullinan et le badge Maybach survit sur le Mercedes GLS. Bref, pour les fortunés de ce monde, les alternatives ne manquent pas!


Ce qui change

On ne le devine peut-être pas au premier coup d’œil, mais les faces avant et arrière ont été soigneusement redessinées. C’est en comparant l’ancien Bentayga et le nouveau modèle que l’on prend la mesure des changements, avec à la clé un design plus musclé et moins torturé qu’auparavant qui lui confère plus de prestance. A l’intérieur, le tableau de bord intègre une instrumentation numérique personnalisable qui accompagne le nouvel écran tactile au centre de la console. Les passagers arrière disposent eux-aussi d’une tablette pour régler l’ensemble des fonctions du véhicule.

Bentayga
Le moindre détail compte, il faut voir la complexité de ces blocs optiques.


Design

Les designers semblent avoir écouté la critique et ont travaillé à affiner le style de leur création. Ils ne se sont pas contentés de quelques coups de crayon, mais ont complètement redéveloppé le hayon, qui s’élargit jusqu’aux épaules et intègre de tous nouveaux feux de forme ovale dont le dessin est inspiré de la nouvelle Continental GT. La plaque d’immatriculation descend quant à elle dans le bouclier, et seul le « B » ailé trône désormais sur le hayon.

Si les changements sautent moins aux yeux, l’avant évolue également assez notablement, avec une calandre placée de manière plus verticale et des feux agrandis, là encore dans un souci d’harmonisation esthétique avec les coupé et cabriolet de la marque. Le pack Black Specification de notre modèle d’essai ajoute de grandes jantes de 22 pouces, des lèvres de boucliers, un diffuseur arrière et l’ensemble des chromes en couleur noire; mais aussi des bas de caisse et un imposant aileron en fibre de carbone.

C’est la face arrière du Bentayga qui évolue le plus.


Intérieur

A bord, la montre Breitling disposée au sommet de la console centrale surplombe un nouvel écran tactile de 10,9 pouces. Ce dernier commande le système multimédia qui en profite pour faire le plein de connectivité (Android Auto). Le conducteur dispose désormais d’un « Virtual Cockpit » avec des cadrans affichés sur un écran personnalisable.

Les passagers avant ont droit à des sièges aux multiples réglages tendus d’un cuir magnifique à croisillons surpiqué à la main. L’espace, même s’il s’avère généreux, n’est tout de même pas extraordinaire pour un engin de cette taille. En fait, 4 passagers voyageront dans une sorte de cocon. Loin des tumultes extérieurs...


Équipements

Évidemment, en tant que pinacle de l’automobile, le Bentley Bentayga offrait déjà ce qui se fait de mieux en matière d’équipements de confort, mais aussi dans le choix de ses matériaux. En plus des nouveaux écrans cités ci-dessus, les passagers arrière disposent désormais d’une petite tablette amovible pour contrôler la climatisation (quadrizone), les stores, la navigation et différents paramétrages du véhicule, ou simplement tenir à l’œil les données de conduite.

Les passagers de la version 5 places (avec banquette arrière donc) seront ravis de profiter de sièges chauffants et ventilés jusqu’alors réservés à la configuration 4 places à sièges arrière individuels. Cette dernière propose de son côté 10 cm d’espace aux jambes supplémentaires. Parmi les équipements d’exception, on trouve aussi un système audio Naim for Bentley qui coûte à lui seul le prix d’une petite voiture.


Sous le capot du Bentayga

C’est en V8 que nous avons pris en main le nouveau Bentayga. Comme précédemment, ce moteur 4 litres biturbo délivre 550 chevaux et un couple de 770 Nm. Au sommet de la gamme, on trouve la version Speed, animée par un gros moteur W12 de 6 litres de cylindrée. Ce dernier délivre la bagatelle de 635 ch et 900 Nm. Et puis depuis quelques mois maintenant, le grand SUV propose également une inédite motorisation hybride rechargeable. Celle-ci associe un moteur V6 3.0 l biturbo de 340 ch à un moteur électrique de 126 ch pour délivrer une puissance totale de 449 ch. Grâce à la batterie de 17,3 kWh, le Bentayga peut se déplacer exclusivement à l’électricité durant 39 km, ce qui fait chuter ses rejets de CO2 en WLTP à 79 g/km.

Bentley Bentayga
Ici, un V8 au programme.


Sur la route

Avec son V8, le Bentayga essayé expédie ses passagers à 100 km/h en 4,4 secondes seulement. Un exploit compte tenu des 2,5 tonnes à vide de l’engin! Ce poids est d’ailleurs ce qui fait le plus de tort au Bentayga sur la route, nuisant grandement à son agilité. On n’attendait de toute façon pas grand-chose de ce côté-là d’un engin de 5,12 mètres de long. Mais on espérait un peu plus de dynamisme en plaçant les curseurs sur « Sport », le châssis étant partagé avec l’Audi Q8, le Porsche Cayenne ou encore la Lamborghini Urus.

Mais c’était oublier qu’il s’agissait d’une Bentley, et que le sport se doit de rester quelque chose d’assez feutré. Hormis peut-être la boîte de vitesses à huit rapports (fournie par ZF) qui devient vraiment brutale dans l’enchaînement de ses rapports lorsqu’on la bouscule un peu, les réactions ne sont jamais excessives. Pas même la sonorité de l’échappement qui tient plus du feulement civilisé que du rugissement bestial.

Le Bentayga se dote aussi de toute une panoplie de paramétrages de conduite en hors-piste qui ne seront – on peut en présager – que très peu utilisés. C’est donc en toute logique sur le mode Confort que s’apprécie le plus grand SUV anglais. C’est ainsi qu’on profite au mieux du souffle du V8 et du confort de la suspension pneumatique.

Pas de miracle à attendre quand on affiche une pareille carrure.


Consommations

Vous vous en doutez, ce Bentley Bentayga est loin d’être un modèle d’écologie. La lecture de la fiche technique le confirme : 13 l/100 km de moyenne WLTP, soit 294 g CO2/km. Dans les faits, une consommation de 15 l/100 km semble être une moyenne honorable. Ce malgré la désactivation de quatre des huit cylindres dans les phases de faible sollicitation. Ajoutez une dizaine de litres en taquinant le mode sport. Il faut bien assumer son profil d'armoire à glace et son poids de sumo!


Bentley Bentayga, le budget

Voiture d’exception, le Bentayga s’affiche à un tarif de base de 156.900 euros. Mais naturellement l’interminable liste d’options et les nombreuses possibilités de personnalisation viennent considérablement alourdir la facture. Ainsi notre version d’essai était équipée de près de 75.000 euros d’options, portant le tarif final à 231.100 euros! Faut-il alors parler des taxes hallucinantes?

Pour une fois, c'est en Flandre que cela fera le plus mal avec une TMC de plus de 11.000 euros. Mais bon, dans cette galaxie des luxueuses et tout comme pour les consommations, c'est sans doute le cadet des soucis des propriétaires de ces engins.

SUV Bentley Bentayga


Conclusion

Joliment redessiné, le Bentley Bentayga est prêt à résister à la concurrence qu’il doit désormais affronter. Il n’est ni le plus sportif ni désormais le plus luxueux depuis l’arrivée du Rolls-Royce Cullinan, mais il s’impose justement comme un bel équilibre entre ces deux mondes pour ceux qui ne parviennent pas à choisir. Dans tous les cas, il dégage une atmosphère tout à fait particulière. Voyager à son bord reste une expérience exclusive et envoûtante, réservée à quelques privilégiés.


Fiche technique Bentley Bentayga

  • Moteur: V8, essence, turbo, 3.996 cm3; 550 ch - 770 Nm
  • Transmission: aux quatre roues
  • Boîte: automatique 8 rapports
  • L/l/H (mm): 5.125/1.998/1.742
  • Poids à vide (kg): 2.416
  • Volume du coffre (l): 484
  • Réservoir (l): 85
  • 0 à 100 km/h (sec.): 4,4
  • Vitesse maxi (km/h): 290
  • Conso mixte (l/100 km): 13,3
  • CO2 (g/km): 302
  • Prix (€): 156.900
  • TMC- Taxe circulation (Wal/Bxl/€): 11.391-2985,77
  • TMC- Taxe circulation (Flandre/€): 4.957-2.148

Les atouts

  • Style affiné et revalorisé
  • Soin apporté à l’habitacle
  • Confort d’amortissement
  • Sentiment « d’exception » à bord.

Les points faibles

  • Poids colossal
  • Consommation délirante
  • Boîte brutale en conduite sportive
  • Prix et options, forcément

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