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Depuis son lancement en 2017, l'e-bike Cowboy fait sensation. Ce vélo électrique made in Belgium, à prix démocratique, a remporté plusieurs prix de design. Toutefois, une question-clé se pose: comment se comporte-t-il dans la pratique quotidienne?

Avant de vous faire part de mon expérience personnelle, voici un bref récapitulatif des principales caractéristiques du Cowboy:

  • Vélo électrique léger de 16 kg
  • Batterie amovible de 10 Ah - 360 Wh, autonomie supérieure à 70 km
  • Moteur à la roue arrière de 36 V 250 W sans vitesses, mais avec capteur de couple
  • Transmission par courroie crantée
  • Commande via une application sur smartphone
  • Prix: 1.990 euros

Prix du design

Pas étonnant que le vélo électrique Cowboy ait remporté un prix comme le Red Dot Design Award. Il suffit de le regarder. Son design est épuré. Sa batterie amovible - généralement peu esthétique sur les vélos électriques - est parfaitement intégrée au cadre, à l’instar des feux avant et arrière. Il ne manque qu’une boîte de vitesses et les leviers correspondants. Ne cherchez pas non plus la béquille, la suspension, la sonnette et les garde-boue.

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Tous ces accessoires qui rendent un vélo pratique et confortable sont tout simplement aux abonnés absents. Un choix audacieux qui élève le design du vélo au rang supérieur. Le revers de la médaille, c’est qu'il faut faire des compromis dans la pratique. Pas d’autre choix que de stationner le Cowboy contre un mur ou dans un porte-vélo. Il ne faut pas trop gonfler les pneus si on veut un semblant de suspension. Et on a l’arrière-train mouillé lors d’une balade sous la pluie. Cette dernière critique a d’ailleurs été si souvent formulée que le fabricant propose désormais des garde-boue en option.

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Mise en selle fastidieuse

Le Cowboy se distingue également des autres vélos électriques à un autre égard. On ne va pas le chercher, monté, au magasin du coin. Il se commande en ligne et est livré à domicile dans une boîte géante. Dans cette boîte, vous trouverez non seulement le vélo, mais aussi une paire de clés Allen nécessaires pour régler le guidon et la hauteur de selle. La clé fournie permet le montage des pédales. La mise en selle est donc un peu fastidieuse, mais ne vous inquiétez pas: même les bricoleurs du dimanche peuvent s’en sortir.

 

Avant de prendre la route, il faut également installer une appli sur son smartphone et se connecter au vélo par Bluetooth. Nous n'avons pas eu à le faire lors de notre essai, étant donné que notre vélo électronique test était déjà connecté à un iPhone fourni. Nous allumons aussitôt le Cowboy avec l'appli et installons le smartphone sur le support Quad Lock, un accessoire que l’on recommande à tous les cyclistes.

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Smartphone indispensable

Si le nombre de fonctionnalités de l'application Cowboy est limité, celles-ci sont indispensables. Vous aurez toujours besoin de l’appli et donc de votre smartphone pour activer l’assistance électrique du vélo (tout comme les feux, d'ailleurs). Si vous n'avez pas votre smartphone en poche ou si la batterie est déchargée, vous devrez rentrer chez vous par la seule force de vos mollets. En soi, c'est mieux que sur un vélo électrique classique vu son poids plume. Mais nous trouvons fort dommage de ne pas pouvoir allumer les feux. Mieux vaut donc y réfléchir à deux fois avant de sortir avec un smartphone presque à plat. Si votre smartphone tombe en rade en cours de route, vous pourrez continuer à rouler à l'électricité... mais vous ne pourrez pas éteindre votre vélo tant que vous n’aurez pas rallumé votre smartphone.

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Bref, une horreur pour l’homo sapiens conservateur. Examinons donc les points positifs de cette connectivité. L'appli sur smartphone permet de localiser facilement le vélo avec la fonction "Find my bike", sans oublier la navigation GPS. Moins courant, mais d’autant plus intéressant: la capacité du fabricant Cowboy à réinitialiser, mettre à jour ou localiser le vélo à distance. Cela rappelle un peu l'expérience des utilisateurs Tesla, qui témoignent eux aussi de mises à jour logicielles régulières améliorant chaque fois l’expérience de conduite. Il ne faut donc pas considérer le vélo Cowboy comme un simple objet matériel. Le logiciel est lui aussi primordial et évolue en permanence grâce à l'application et à la connectivité.

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Essai sur route

Venons-en au vif du sujet. Comment se comporte ce Cowboy sur la route? Il assiste le cycliste dès le premier coup de pédale. Comme mentionné ci-dessus, vous ne trouverez pas de vitesses sur ce vélo électrique. Mieux vaut donc mettre la pédale en position 3/4 au feu rouge. C'est le moyen le plus simple de donner le premier tour sans trop d'efforts. L'assistance électrique monte progressivement en puissance au fur et à mesure des coups de pédale. Le capteur de couple est manifestement très sensible et transmet les instructions au moteur électrique rapidement et sans filtre. L’assistance se fait donc sans à-coups du début (0 km/h) à la fin (25 km/h). L'application indique également la puissance délivrée par le vélo en complément des efforts du cycliste.

Sportif

Veuillez noter que l’assistance peut être poussée à 30 km/h. Il suffit d'indiquer dans l'application que vous êtes sur un terrain privé. Vous n’aurez plus à vous conformer à la directive européenne qui stipule qu'un vélo électrique (à l’exception d’un Speed Pedelec) ne peut pas fournir d’assistance au-delà de 25 km/h sur la voie publique. Ceci étant dit, le Cowboy permet de maintenir une vitesse supérieure à 25 km/h lorsque le vent est favorable et que les jambes sont bien entraînées. Nous avons emprunté un chemin de halage sans encombre à une vitesse moyenne de 27 km/h, avec une assistance sporadique. Le secret? Son poids plume, sa transmission efficace et sa faible résistance au roulement.

Confort de conduite

Vous aurez remarqué sur les photos que la position assise sur le Cowboy est assez sportive: les bras en avant, le torse relativement proche du tube supérieur. Une position comparable à celle d'un vélo de course ou VTT moyen, mains sur le guidon. Bien sûr, cette position est un peu plus aérodynamique, mais elle demande un temps d’adaptation quand on a l’habitude de parcourir des kilomètres à vélo le dos droit. Attention: l'aspect aérodynamique mentionné ci-dessus n’est pas le seul avantage d’une position sportive. Le mouvement de l’assise, des jambes et des hanches est plus souple et le poids du corps est réparti entre l’assise et les poignets. Des avantages indéniables par rapport à la position assise droite, surtout pour les longs trajets.

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Le manque de suspension de la fourche avant et de la selle peut être partiellement compensé en diminuant légèrement la pression des pneus. Même si cela augmente la résistance au roulement, vous gagnerez clairement en confort. Les pneus Panaracer Gravelking de 42 mm de large ne m’ont pas inspiré confiance au début alors qu’une violente averse de grêle s'abattait sur ma personne. La bande de roulement de ces pneus est si fine que j’avais l’impression de rouler sur pneus lisses. À tort, car la confiance est revenue au fil des kilomètres parcourus sous la pluie. Le mode "off road" est cependant à éviter dans ces circonstances.

Pour les riders urbains

Pour l'instant, l’e-bike Cowboy n'existe qu'en une seule taille, à mi-chemin entre Medium et Large. Pour les connaisseurs: combinez un stack de 550 mm et un reach de 380 mm avec un empattement de 1.084 mm, et vous aurez une idée de la géométrie du vélo. Pour les autres: si vous mesurez entre 1m70 et 1m95, vous trouverez une hauteur de selle qui vous permettra d'adopter une position acceptable. Plus on a de longues jambes, plus la selle doit être haute et plus la position est sportive. Il n’est pas possible de relever le guidon, à moins de changer potence.

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Du haut de mon mètre 80, la position assise n'a posé aucun problème. Que du contraire. Elle est assez sportive, voire un peu trapue. Il faut en revanche s'habituer au comportement de conduite. Le Cowboy a tendance à survirer et à prendre les virages plus courts que ce à quoi je suis habitué. Impossible à dire si c’est dû à la géométrie du vélo, au guidon relativement étroit ou aux pneus. Une chose est sûre: je m’en suis sorti. La traversée de la jungle urbaine avec le Cowboy s’est d’ailleurs avérée de plus en plus agréable. Heureusement, le Cowboy est équipé de freins à disque hydrauliques bien dosables, qui permettent au cycliste de s’arrêter en un rien de temps. Le feu de freinage arrière clignotant est un beau bonus pour les usagers de la route qui vous suivent.

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Verdict

De gustibus et coloribus non est disputandum – l'une des rares locutions que j'ai mémorisées de mes cours de latin. Autrement dit: les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Le noir mat mettra tout le monde d’accord. Il n’y a rien à dire non plus sur le design. On aime ou on n’aime pas. Mais peut-on vraiment ne pas aimer?

Ce Cowboy attire les regards, mais ce n'est pas la principale raison pour laquelle on en est fan. On apprécie également l'assistance au pédalage particulièrement réussie, combinée à l'expérience de conduite sans vitesses. Une virée sur ce vélo électrique met de bonne humeur. Après une courte période d'adaptation, vous apprécierez également son bon comportement de conduite. Certes, on fait quelques compromis en matière de convivialité et il faut vraiment veiller à se munir d’un smartphone chargé.

S’il vaut son prix d’un peu moins de 2.000 euros? Clairement, si on le compare à ses vrais rivaux. Le VanMoof Electrified S2 (3.395 euros) et l'Ampler Curt (2.890 euros), par exemple, qui sont tout de même beaucoup plus chers. Pour savoir si l’e-bike Cowboy est fait pour vous, mieux vaut l’essayer. Cowboy propose cette possibilité sur son site Web. C’est le moment d’en profiter! En attendant, on va refaire un p’tit tour. Yihaaa!

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Lisez l'essai du Cowoboy dans le Touring Magazine.