Hoverboard, Segway & Co: de nouvelles façons de se déplacer

15/03/2016
Segway

Segway, monoroue, hoverboard, des objets tendance qui appartiennent au champ de la mullti-modalité et qui attirent de plus en plus. Nous vous en présentons plusieurs modèles ainsi que le Code de la route et les assurances les concernant.

Les modèles

Segway, le précurseur

Rendons à César ce qui lui appartient. Car le pionnier dans ce que l'on appelle aujourd'hui "les engins de déplacement motorisés", dans sa forme moderne et ludique à la fois, c'est bien le Segway.

 

 

Sorti en 2001 aux Etats-Unis, ce coûteux engin (comptez 7 à 10.000 euros pour l'original suivant sa version) se voit de plus en plus dans nos villes.

 

Ceci étant, le "gyropode" comme on l'appelle en France n'est plus uniquement l'affaire de Segway car bien d'autres marques proposent ce genre de machines pour des prix plus démocratiques. Comptez tout de même 3.000 euros pour un produit de qualité, tant du point de vue des batteries que de la fiabilité. Comme le modèle Elite, par exemple, commercialisé par la firme Ninebot.

 

 

La trottinette électrique, légère et rapide

Notre rédacteur en chef l'avait testée, la trottinette électrique a pour elle un tas d'avantages comme sa légèreté, son aide à se déplacer plus rapidement en effectuant moins d'efforts.... Evidemment, il faudra aussi compter quelques inconvénients comme le manque de souplesse (ni pneu gonflable ni suspensions) mais aussi un prix d'achat conséquent, à partir de 800 euros pour les modèles de qualité.

 

Cette trottinette électrique est assez éloignée d'un engin type Segway, hoverboard et monoroue qui utilisent tous l'effet gyroscopique (qui stabilise l'engin), ce qui n'est pas le cas ici. En plus, du point de vue des assurances elle se différencie des autres (voir ci-dessous).

 

Emicro One

 

Hoverboard, comme dans "Back to the Future"

Sans doute aviez-vous déjà vu les skateboards "classiques" dotés de petits moteurs électriques. Mais l'hoverboard (baptisé ainsi en hommage au film "Back to the Future"), c'est autre chose. Ici, on ne se déplace plus en position latérale comme pour le skate mais face à la route. Il s'agit d'une invention récente sortie sur le marché voici 4 ou 5 ans, a priori en Chine bien que ce fait soit parfois contesté.

 

L'engin qui pourrait s'assimiler à un Segway sans "manche à balai" est bien plus léger (une dizaine de kilos au plus), plus facilement manipulable dans les transports en commun et à prendre en main pour le ranger dans le coffre de sa voiture ou dans le coin de l'entrée de l'appartement…

 

Hoverboard

 

Comptez entre 300 et 400 euros pour un modèle d'hoverboad fiable de base. Attention, aux Etats-Unis où l'objet est largement distribué depuis plus d'un an maintenant, les accidents sont nombreux.

 

Pas tellement du fait de chutes ou de collision avec d'autres usagers (même si des villes comme New York interdisent son utilisation pour cette raison) mais plutôt parce que des modèles - souvent bas de gamme - sont vendus sur Internet avec un risque d'incendie et d'explosion réels vu que ces produits chauffent excessivement lorsqu'on les recharge. Bref, ne choisissez pas un site Internet inconnu vous proposant des objets au rabais.

 

Solowheel, le petit dernier 

Depuis un peu plus d'un an, un autre engin gyroscopique fait fureur, il s'agit de la "Solowheel" (une marque déposée), en français on dirait "Monoroue".

 

 

L’engin se présente sous la forme d’une roue carénée chaussée d’un pneu, équipée de part et d’autre de marchepieds escamotables, le tout mû par un moteur gyroscopique basé sur la même technologie que les engins de type Segway. Il suffit de monter dessus, de se pencher en avant pour accélérer, en arrière pour ralentir… et c'est parti.

 

Gyroroue

 

Il faut une bonne heure d'apprentissage pour commencer à se déplacer sans tomber. Mais, a priori, les efforts consentis sont récompensés car les adeptes de ces machines provoquent chez les accros un sentiment de liberté proche de celui procuré par le ski…

 

Sachez encore que l'engin est assez maniable même s'il pèse toujours plus de 14-15 kg, facilement transportable  mais qu'ici aussi, la qualité et la fiabilité se paient. Comptez un bon millier d'euros pour en profiter.

 

Quid du Code de la route?

Pour Benoît Godart, porte-parole de l'IBSR (Institut Belge de la Sécurité Routière), il faut encourager ces nouveaux modes de déplacement tout en assurant un cadre légal qui protège tous les usagers. "Ils sont un complément idéal à la voiture et aux transports en commun, il faut donc les promouvoir.

 

Le Code de la route a déjà pris ça en compte, notamment via le texte lié aux "engins de déplacement" (voir ci-dessous). Mais la technologie va toujours plus vite que la loi et il faut constamment s'adapter, notamment pour ces fameuses monoroues qui n'existaient quasi pas voici un an ou deux.

 

Article 2.15.2 du Code de la route

Selon cet article, le terme "engin de déplacement" désigne:

 

1° soit un "engin de déplacement non motorisé", c'est-à-dire tout véhicule qui ne répond pas à la définition de cycle, qui est propulsé par la force musculaire de son ou de ses occupants et qui n'est pas pourvu d'un moteur.

 

2° soit un "engin de déplacement motorisé", c'est-à-dire tout véhicule à moteur à une roue ou plus dont la vitesse maximale, est, par construction, limitée à 18 km/heure. Pour l'application des règles du Code, les engins de déplacement motorisés ne sont pas assimilés à des véhicules à moteur. Et un engin de déplacement non monté n'est pas considéré comme un véhicule.

 

Vitesse de déplacement

Il est important de considérer la vitesse de déplacement pour connaître le lieu d'évolution de ces engins: si vous ne vous déplacez pas plus vite qu'au pas (soit 6 km/h), vous êtes considéré comme un piéton et vous devez donc suivre les règles applicables aux piétons. Si vous conduisez plus vite qu'au pas, vous devez alors suivre les règles applicables aux cyclistes et donc  utiliser la piste cyclable (à une vitesse maximale de 18 km / h).

 

S’il n’y en a pas, l'usager peut rouler sur les accotements de plain-pied et les emplacements de stationnement ou sur la chaussée, où il faut évidemment rouler à droite.

 

Où puis-je rouler?

Circuler sur le trottoir n’est permis que s’il n’y a pas de piste cyclable et uniquement en dehors des agglomérations. De plus, il faut alors circuler à droite par rapport au sens de la circulation (donc pas sur le trottoir qui se trouve à sa gauche) et céder la priorité aux piétons.

 

La difficulté vient évidemment du fait que certains de ces engins (Segway, Solowheel) dépassent les 18 km/h en pointe, ce qui les met alors hors du champ d'application de ces engins de déplacement et les verse dans la catégorie des cyclomoteurs où la réglementation est évidemment plus contraignante.

 

L'Union Européenne désunie sur le sujet

L'Union européenne ne parle pas dans sa règlementation de véhicules dépassant les six kilomètres - c'est à dire le Segway et les engins qui s'en approchent. Dans leur chef, il estdonc  exclu que le Segway circule sur la voie publique. En conséquent, nombre d'Etats-Membres interdisent son utilisation.

 

La Belgique plus tolérante

C'est à cause de ce flou juridique de l'Union Européenne que certains pays admettent ce Segway (uniquement) sur les trottoirs et dans les zones piétonnières, à condition de ne pas dépasser l'allure du pas.

 

C'est le cas en France, Hongrie, Tchéquie et Espagne alors que d'autres pays comme les Pays-Bas ne tolèrent l'utilisation de ces gyroscopes sur roues que sur les pistes cyclables, à une vitesse qui ne peut gêner le trafic des cyclistes.

 

La Belgique autorise quant à elle l'utilisation d'engins type Segway sur les trottoirs et les pistes cyclables et, à défaut de ceux-ci, sur la chaussée ou sur l'accotement.

 

S'assurer en RC Auto? Obligatoire dans la plupart des cas

Rares sont les firmes les commercialisant qui préviennent des dangers de l'utilisation de ces engins et surtout des obligations en matière de circulation, que ce soit en matière de Code de la route (voir ci-dessus) ou des assurances. Or, pour ce dernier point, il faut savoir que la plupart des engins décrits ici doivent être assurés… comme une automobile.

 

Un tarif adapté pas trop élevé

C'est ce que nous confirme Peter Wiels, porte-parole d'Assuralia (groupement des assureurs belges) : "Pour les engins de déplacement non motorisés comme les vélos, trottinettes, skateboards, rollers…une assurance familiale suffit, elle couvre les dommages, matériels et corporels, causés à des tiers ou à leurs biens dans le cadre de la vie privée.

 

Par contre, tous les engins propulsé par la force mécanique d’un moteur ont besoin d’une assurance du type assurance auto. Évidemment ce n'est pas au tarif d’une voiture, même pas nécessairement au tarif d’un cyclomoteur. "C'est à l’assureur de définir le tarif qu’il croit devoir compter pour un véhicule comme un Segway ou un autre de ces engins" poursuit le porte-parole d'Assuralia.

 

D'après quelques coups de sonde, il semble qu'assurer un engin de type Segway, revienne à une centaine d'euros par an, suivant l'usage (privé, professionnel…) que l'on en fait.

 

 

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