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6 questions sur le freinage d'urgence automatique

Le célèbre organisme de crash-test EuroNCap inclut désormais le freinage d'urgence dans ses notations. Une preuve de l'importance d'un tel accessoire. Ce qui ne le met pour autant pas à l'abri de quelques dysfonctionnements...

Nous vous parlons souvent de nouvelles technologies automobiles. Ainsi des voitures (semi-) autonomes. Pour l'heure, aucun véhicule de "monsieur et madame tout le monde" n'est 100 % autonome: les constructeurs automobiles en sont encore à tester le concept. Mais une partie des équipements de ces futurs véhicules se retrouvent dans nos voitures. Certains sont même devenus obligatoires depuis plusieurs années:

  • L'ABS (anti-blocage de freins)
  • L'ESP (anti-dérapage)
  • L'ECall (appel d'urgence automatique en cas d'accident)

Parmi les prochains accessoires (liés à la sécurité) que l'Union européenne voudrait imposer aux constructeurs: le freinage automatique d'urgence, ou AEB (Autonomous Emergency Braking). Les États-Unis, pour leur part, ont déjà pris le parti d'une obligation pour tous les véhicules à partir de 2022.

Pourquoi un tel système?

Les études montrent que l'une des causes fréquentes des traumatismes – parfois mortels - des vertèbres cervicales lors d’un accident de la circulation est le cas classique du "conducteur distrait". Ce dernier ne voit pas que la voiture devant lui s’est arrêtée ou a ralenti brusquement, et la percute à l’arrière. De tels accidents peuvent occasionner des blessures – notamment des lésions aux vertèbres cervicales – aux occupants des deux voitures. Un système de freinage automatique d’urgence permettrait d’éviter ce genre de collisions.

Comment fonctionne le freinage automatique d’urgence?

La plupart des systèmes AEB s'appuient sur un radar, une caméra (stéréo) et/ou une technologie de type lidar pour identifier les causes potentielles de collision à l'avant de la voiture. L'association de ces informations avec la vitesse et la trajectoire de la voiture permet de déterminer si la situation devient critique. Si un risque est détecté, le système AEB:

  • Avertit le conducteur qu'il doit agir.
  • En l'absence d'intervention et si le risque de collision reste imminent, actionne les freins.
  • Le freinage est modulé (jusqu'à la pression maximale) afin de réduire la vitesse au moment de la collision.
  • Certains systèmes se désactivent dès qu'ils détectent une action d'évitement de la part du conducteur.

Toutes les voitures peuvent-elles recevoir ce système AEB?

En théorie oui, dès aujourd’hui. La technologie est connue, maîtrisée, mais elle a aussi un coût et c'est pour cela que des voitures plus "bas de gamme" n'en disposent pas d'origine. Ceci dit, dans la grande majorité des cas, il est possible de l'acquérir au moment de choisir les options de votre nouveau véhicule. Il n’est hélas pas disponible en montage "post-achat". Comptez à partir de 500 euros si l'option est proposée.

Est-ce vraiment efficace?

Au fil des années, ces systèmes anti-collision sont devenus de plus en plus efficaces avec un degré de précision accru. Car il ne s'agit pas seulement de freiner fort devant un piéton, un vélo ou une voiture, il faut anticiper autant que possible. Le radar et la caméra jouent donc un rôle essentiel. Il faut notamment qu'ils soient parfaitement calibrés. Nous en avions parlé dans un article sur le changement d'un pare-brise.

Cela dit, la technologie n’est pas encore efficace à 100 % et doit encore être améliorée. C'est pour cela que des organismes indépendants comme EuroNcap, qui réalise tous les crash-tests européens, ont intégré le freinage automatique d'urgence dans leurs essais. Désormais, en plus de la sécurité des passagers et des piétons, vous pourrez savoir ce que vaut votre future voiture sur ce point précis. Il vous suffit de consulter le site d’EuroNcap.

Qu’en pensent les automobilistes?

Lors de nos essais, mais aussi grâce aux témoignages d'automobilistes, nous avons constaté que les systèmes de freinage automatique d'urgence sont encore perfectibles. Les "bugs" sont liés à un déclenchement intempestif du système (avertissement sonore, lumière rouge ou freinage) alors qu’il n’y a aucun danger à l’horizon. Les systèmes doivent encore "apprendre" à gérer la complexité de la route, de l'environnement et du mouvement des véhicules, qui peuvent en effet générer des commandes "non désirées". Les manuels d’utilisation des voitures équipées d’AEB préviennent d’ailleurs de l’existence de ces risques et recommandent la vigilance.

Cela dit, rappelons tout de même que 90 % des accidents ont pour origine... l'automobiliste! Si la technologie compte encore quelques ratés, cela n'est rien en comparaison de la distraction, de la fatigue ou des erreurs de jugement des conducteurs.

Toujours plus fiables

Les fabricants continuent en tout cas à travailler à l’amélioration de leurs systèmes de freinage automatique d’urgence. Il serait sans doute plus exact de dire que ce sont les équipementiers qui y travaillent, puisque ce sont eux qui fournissent les constructeurs automobiles. Parmi ceux-là des leaders comme:

Bosch (Allemagne)

Valeo (France)

Magneti Marelli (Italie)

Denso (Japon)

Delphi (USA)

Les collisions dues à la distraction ne seront-elles donc bientôt plus qu’un mauvais souvenir? Nous pouvons en tout cas l’espérer. En attendant ce jour, restez vigilants!

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