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Bob

À l'occasion des fêtes, comme pour le reste de l'année, entre boire ou conduire, il faudra choisir! Et justement, comment éviter un drame en empêchant un ami de reprendre le volant après avoir (trop) bu? Quelques conseils pour y parvenir.

C'est la période des fêtes et donc le retour des affiches "Bob" le long de nos routes. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec le concept, les campagnes "Bob" visent à faire baisser le nombre d'accidents de la route dus à l'alcool. Petit à petit, les chiffres s'améliorent puisque l'institut Vias a noté une baisse de  20 % de ce type d'accident au cours des 10 dernières années. Mais "le Belge" en général n'est pas le meilleur élève de la classe. Pour preuve, on a encore déploré (chiffres 2018) plus de 4000 accidents avec tués ou blessés impliquant un conducteur sous l’influence de l’alcool, soit en moyenne 1 accident toutes les deux heures environ. Ces accidents ont fait plus de 5200 victimes en tout!

Quelques chiffres intéressants:

  • 1,9 % des conducteurs contrôlés en 2018 étaient positifs à l'alcool, niveau plancher mais relativement stable au cours de ces 15 dernières années. Les nuits sont plus  "à risques": 10,7 % la semaine et même 12,6 % le week-end.
  • Conducteurs positifs aux tests alcoolémies: 2,1 % (Wallonie/Bruxelles); 1,7 % (Flandre).
  • 4,5 fois plus d'hommes "positifs" que de femmes.
  • Les 26-39 ans, la seule classe d'âge dont le nombre de conducteurs positifs augmentent d'année en année.
  • 1 conducteur positif sur 8 sort d'un restaurant ou d'un café.
  • 2 fois plus de conducteurs pris en défaut au retour de leur travail, phénomène nouveau selon Vias.

Mais, au-delà des statistiques, il nous semblait intéressant de proposer quelques petits trucs susceptibles de convaincre quelqu'un de votre entourage de ne pas reprendre le volant après avoir (trop) bu.

Amusants, rassurants, convaincants, des paroles, des gestes qui pourraient peut-être "simplement" sauver des vies. Et rien que pour ça, ça vaut la peine d'essayer, non?

  • Avant la fête

1. Désignez un Bob ou une Bobette

C'est le plus simple, le plus efficace des moyens de faire la fête tous ensemble sans se soucier du problème du retour. Bien sûr, il faut en convenir AVANT le début des festivités. Il faut également que la personne désignée soit digne de confiance et/ou se tienne à ses engagements. C'est plus simple lorsqu'il s'agit d'une personne que l'on connaît personnellement. En début de soirée, prenez note des différents Bob pour que tout le monde puisse repartir en sécurité.

2. Tout le monde donne ses clés!

Vous êtes l'organisateur de la soirée (ou pas!) et vous voulez limiter les risques d'un retour "alcoolisé" pour vos convives? Dans le même esprit que celui qui anime la campagne Bob, prévoyez un porte-clés, un saladier ou tout autre récipient pour récolter les clés des automobilistes… Mais aussi des motards. À l'arrivée des convives, annoncez que vous leur proposerez de souffler dans un éthylotest. Ils sont vendus - peu chers - dans les centres autos.

3. Prévoir une arrivée et un départ groupé en taxi camionnette

Et si tout le monde pouvait faire la fête sans craindre le retour à destination? Avec un peu d'organisation et d'anticipation, vous pourriez organiser un transport en taxi camionnette. Les invités sont pris en charge et déposés aux mêmes endroits. La facture partagée sera moins lourde que pour une voiture/taxi par invité.

4. Proposez l'éthylotest avant le début de la soirée!

Le but n'est évidemment pas de faire souffler vos convives avant la fiesta. Non, mais si vous dites à tous les conducteurs qu'ils pourront souffler en fin de soirée afin de vérifier leur état, ce sera plus simple à faire accepter. Imaginez de devoir convaincre votre pote totalement soûl. Mission impossible, non? Bref, de la (bonne) prévention.

  • Pendant et après la fête

1. Raisonnez ou faites-le faire par quelqu'un de proche

Si vous constatez que la personne qui s'apprête à reprendre le volant à trop bu, vous essayerez sans doute de la raisonner. Les arguments sont nombreux et souvent imparables. Le danger pour elle, pour les autres, les conséquences financières et/ou judiciaires… Maintenant, si vous connaissez peu ou pas la personne face à vous, passez par quelqu'un de plus proche qui aura sans doute plus d'influence que vous.

2. Deux chauffeurs, comme les Responsible Young Drivers!

Vous connaissez cette association qui, à l'occasion des fêtes de fin d'année, propose de vous raccompagner en toute sécurité? Eh bien, même principe ici mais c'est vous qui l'organisez! Comment? Proposez qu'une personne sobre prenne en charge la voiture de "l'alcoolisé" pendant que vous ou un autre de vos invités – sobre - reconduisez cette personne chez elle. Ainsi, plus d'excuse du type "Je ne laisse pas ma voiture ici pour la nuit". Cela demande du temps et une solide organisation mais l'efficacité sera au rendez-vous.

3. Cachez les clés!

C'est sans doute l'arme ultime à n'utiliser qu'en dernier recours car la tension peut monter si la personne concernée n'est pas tout à fait consciente de la situation. Il faudra être persuasif, mettez-vous à plusieurs pour essayer de convaincre et raisonner. Proposez de dormir sur place, d'appeler un taxi,… À plusieurs, dans le calme, vous parviendrez sans doute mieux à vos fins que seul face à l'invité imbibé.

4. Faites-le dormir sur place

Si vous en avez l'opportunité, voilà sans doute "la" solution qui peut convenir à tout le monde sans risquer les grosses discussions… Une chambre, un canapé de libre? Si pas, chez un voisin ou à l'hôtel tout proche? Toutes les solutions sont bonnes si cette nuit de repos permet de reprendre le volant en toute sécurité!

5. Faites durer la soirée

La sécurité routière française propose une chouette citation sur son site: "Quand on tient à quelqu'un, on le retient". Donc, pour ne pas vexer votre ami en le contraignant à l'éthylotest ou à "jouer" avec lui en cachant ses clés, pourquoi ne pas prolonger la soirée? Sans alcool supplémentaire, évidemment et pas si son état d'alcoolémie est trop avancé! Mais une heure ou deux en plus, en buvant de l'eau et en mangeant un bout, cela peut faire la différence. Sortez le Monopoly ou un bon film à la demande!

6. Même à vélo vous êtes concernés!

Vous pensiez qu'en favorisant la mobilité douce vous échapperiez à ces règles de bonne conduite vis-à-vis de l'alcool? Détrompez-vous et cela pour - au moins - deux bonnes raisons:

  • La première c'est qu'un agent de police peut vous verbaliser, même vélo "à la main", s'il constate une imprégnation alcoolique. Nous avons déjà reçu des témoignages de membres à ce propos. Un vélo, une trottinette, un engin de déplacement électrique demeure un véhicule et son conducteur peut être contrôlé/sanctionné.
  • La seconde c'est tout simplement le risque de chute ou d'accident. La personne alcoolisée risque sans doute plus pour elle que les autres usagers de la route, a fortiori en pleine nuit. Il n'empêche, les conséquences physiques peuvent être dramatiques. Bref, même à vélo, pensez à reprendre les conseils énumérés ici.
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